Entrée dans la vie active et situation de handicap

Publication : 9 novembre 2018
Se poser tôt la question de son avenir professionnel, s'interroger sur ses envies et ses possibilités, aide l'élève valide ou handicapé à préparer son entrée dans la vie professionnelle. Pour ce dernier il est nécessaire de prendre en compte à chaque étape les conditions pratiques d'adaptation de poste ou d'environnement de travail. Toutes questions qui peuvent être prises en charge par les réseaux et dispositifs handicap.
A l'atelier

35 % des personnes handicapées ont une activité professionnelle et 19 % sont en recherche d’emploi. Parmi ces demandeurs d’emploi, 80 % n’ont pas le niveau bac. Signe de l'enjeu de la formation pour s'assurer d'une bonne insertion.

Anticiper et découvrir

Étape essentielle pour le jeune adulte, l’entrée dans la vie active se prépare longtemps à l’avance. Dès 14-15 ans, l’élève devra s’interroger sur le métier qu’il envisage. Un premier choix d’orientation doit être émis en fin de 3e pour les élèves de collège ou d'établissement médico-social (IMPro : institut médico-professionnel, IME : institut médico-éducatif…).

Premiers jalons vers la vie professionnelle, les stages (dès la 3e) ou les formations en alternance école-entreprise (du CAP aux études supérieures) permettent au jeune handicapé de découvrir le monde du travail et d’enrichir ses compétences.

Pour les élèves qui envisagent une orientation en filière professionnelle, une visite médicale au cours de la classe de 3e est recommandée. La limite d'âge fixée à 25 ans pour l'entrée en apprentissage ne s'applique pas aux élèves en situation de handicap. Lors des périodes de formation en milieu professionnel (PFMP), les élèves reconnus handicapés peuvent bénéficier des aides humaines attribuées par la CDAPH. Elles peuvent être effectuées en milieu ordinaire, en entreprises adaptées ou en Esat (établissements et services d'aide par le travail). Les apprentis reconnus handicapés peuvent bénéficier d'aménagements (conditions de formation, durée du contrat...). Apprentis et employeurs peuvent être aidés (aménagement de poste, formation...) par l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées) ou le FIPHFP (Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique).

S’appuyer sur des réseaux

Quel que soit son parcours scolaire, en établissement médico-social ou sanitaire, en apprentissage ou à l’université, le jeune adulte pourra s’appuyer sur les équipes d’insertion ou les référents handicap de son établissement de formation. Ils assurent un lien avec le monde du travail et les structures d’aide aux personnes handicapées.

Dans les établissements scolaires, l'équipe de suivi de la scolarisation, en lien avec l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) aide le jeune à construire son projet de formation et d'insertion. Dans certaines académies, des chargés de mission " insertion professionnelle " facilitent la mise en place de dispositifs d'accompagnement vers l'accès au premier emploi des jeunes en situation de handicap.

Les PRITH (plans régionaux d'insertion des travailleurs handicapés) coordonnent les actions locales (formation, accès à l'emploi, maintien dans l'emploi...) des différents acteurs de l'insertion professionnelle (Pôle emploi, Cap emploi, Mission locale...). Certains PRITH ont un axe spécifique dédié aux jeunes en situation de handicap. Les acteurs du service public régional de l'orientation (CIO, Missions locales, bureaux information jeunesse, Onisep, Pôle emploi...), permettent de bénéficier d'une orientation et de conseils pour la poursuite de son parcours quel que soit son âge et sa situation.

Choisir un métier adapté

Les déficiences n’entraînent pas forcément une situation de handicap dans le monde du travail. Appareillé, un déficient auditif peut exercer un métier dans la communication. De même, un malvoyant peut occuper une fonction commerciale, à condition d'utiliser un matériel et un poste de travail adaptés.

La RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé)

La RQTH, attribuée sur demande par la CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées), permet d’accéder à l’ensemble des dispositifs spécifiques d’aide à l’insertion.

L’orientation professionnelle

La personne reconnue travailleur handicapé peut demander à la CDAPH de lui proposer une orientation professionnelle en milieu ordinaire de travail (dont, entreprise adaptée) ou en milieu protégé (Esat).

Cependant, la CDAPH n'est pas un organisme de placement : l'admission en structure de travail protégé ne peut se faire que sous réserve de places disponibles ; de même, l'orientation vers le milieu professionnel donne accès aux dispositifs d'accompagnement et d'aide à la recherche d'emploi, mais la CDAPH ne fournit pas de liste d'employeurs potentiels.