Concilier soins psychiatriques et poursuite des études

Publication : 11 décembre 2019

La clinique Georges Heuyer, établissement de la FSEF (Fondation santé des étudiants de France) reçoit 80 jeunes, de 16 à 25 ans, atteints de pathologies psychiatriques. Elle met en œuvre le "soins-études", un dispositif permettant de concilier prise en charge médicale et reprise ou poursuite d’études.
Située dans le 13e arrondissement de Paris, la clinique médico-universitaire Georges Heuyer.

Un lycée ordinaire

"Nous scolarisons des jeunes, de la seconde à la terminale, dans toutes les filières générales," explique Jérôme Daydé, directeur des études à la clinique Georges Heuyer. Située dans le 13e arrondissement de Paris, la clinique comprend 2 services d'hospitalisation à temps complet, un service d’hôpital de jour ainsi que le service des études : salles de cours, gymnase, médiathèque... "Des entrées et des sorties ont lieu tout au long de l’année, mais les délais d’attente peuvent être importants : plus d’un an!" Très variable selon les situations, la durée du séjour peut aller de 6 mois à 4 ans. "Dans ce cas-là, la scolarité est aménagée avec un étalement de la durée des études."

Concilier soins et études

"Pour y entrer, le jeune doit être suivi par un médecin psychiatre qui l'adresse vers la clinique," poursuit Jérôme Daydé. Il est alors pris en charge dans le cadre du "soins-études", un dispositif qui propose une scolarisation ordinaire pendant la durée des soins. Les jeunes qui arrivent sont souvent déscolarisés depuis 1 an ou 2 voire plus. La prise en charge médicale et scolaire conditionne l'entrée à la clinique. "Si un jeune ne peut pas suivre des études, on ne le prendra pas. Il nécessite alors uniquement des soins. Dans d'autres cas, les jeunes peuvent avoir des emplois du temps aménagés (phobies assez fortes...)."

Un accompagnement individualisé

L'équipe pédagogique de la clinique comprend une trentaine d’enseignants de l’Education Nationale, du cycle secondaire. "Si les enseignements sont les mêmes que dans tous les établissements scolaires, la particularité, c’est que les enseignants font preuve de bienveillance et d’écoute vis-à-vis de ces jeunes." Les soins ne permettent pas toujours au lycéen de suivre tous les cours. Les enseignants doivent alors adapter leurs enseignements, en fonction des absences. Un dispositif d'aide aux devoirs, mis en place récemment, mais aussi du tutorat, apporte une aide individualisée. "Il leur est difficile de revenir au même niveau que les autres rapidement après une déscolarisation d'un an ou deux."

Après la sortie

Chaque semaine, un point est fait entre le service des études et le service de soins. "Cela permet de savoir comment évolue le jeune, si l’on peut penser à sa sortie ou non." Les jeunes qui poursuivent des études supérieures peuvent continuer à bénéficier de soins et de tutorat. "Pour ceux qui n'ont pas encore passé le bac, on les prépare à retourner dans leur établissement d'origine grâce à une mise en situation progressive."

Le relais étudiants lycéens

Ouvert aux lycéens et aux étudiants, ce relais, situé à côté de la clinique Georges Heuyer, apporte une aide aux adolescents en souffrance (mal être, états limites...). "Une prise en charge médicale et scolaire permet de définir rapidement la difficulté du jeune : psychique, organisationnelle ou liée à la famille." 6 séances d'entretien au maximum permettent de lui proposer une méthode adaptée ou un suivi psychiatrique. Selon les besoins, le relais fournit des adresses de professionnels, d’associations ou d'autres organismes pour que la prise en charge puisse continuer. Dans certains cas, les jeunes sont dirigés vers le dispositif soins-études de la clinique.