Scolarité et autisme

Une stratégie pour l'autisme

Publication : 4 avril 2019
L'autisme entraîne des incapacités variables au niveau de la communication, de la socialisation. Handicap fréquent, il touche 1 enfant sur 100. La stratégie nationale pour l’autisme au sein des troubles du neuro-développement, lancée il y a un an, vise à améliorer la prise en charge des personnes avec autisme. Le point sur sa mise en œuvre.

Une recherche d'excellence

Dix postes de chefs de clinique en pédopsychiatrie ont été créés en octobre 2018. Leurs travaux doivent permettre notamment de mieux comprendre les causes de l’autisme, développer des technologies et des modes d’accompagnement favorisant l’autonomie. Les nouvelles connaissances acquises pourront ensuite être intégrées dans les formations des professionnels intervenant auprès des personnes autistes. Cette année, trois centres d’excellence nationaux vont être labellisés. Ils développeront la recherche, les pratiques cliniques innovantes et le transfert des connaissances. Par ailleurs, un groupement d’intérêt scientifique dédié à l’autisme va être constitué.

Intervention précoce et soutien aux familles

Chez les enfants présentant des signes évoquant des troubles du neuro-développement, une intervention précoce leur permet de progresser et d’améliorer leurs capacités. Un parcours de soins coordonné pour les moins de 7 ans, financé par l’Assurance maladie, est progressivement mis en place. Il comprend un forfait d’intervention précoce afin de financer les bilans diagnostiques et les interventions d’ergothérapeutes et de psychomotriciens. Ces professionnels seront conventionnés avec des plateformes d’intervention précoces, déployées sur tout le territoire. Trente de ces plateformes seront installées d’ici la fin de l’année. D’autre part, les médecins généralistes, pédiatres, médecins de PMI, médecins scolaire pourront s’appuyer sur un outil d’aide au repérage des signaux d’alerte. Le soutien aux familles comprend notamment des programmes de formation des aidants et la mise en place de groupements d’entraide mutuelle (GEM) dans les départements.

Scolarisation : rattraper le retard

La diversification des modes de scolarisation dès la maternelle répond aux besoins des jeunes autistes. Pour cela, le nombre d'unités d'enseignement maternel autisme (UEMA) sera triplé. Au total 180 nouvelles unités seront ouvertes dont 30 à la prochaine rentrée. Des unités d’enseignement en école élémentaire (UEEA) vont progressivement être mises en place. Par ailleurs, il est prévu d'accélérer la professionnalisation des accompagnants et d'augmenter le nombre d'élèves autistes accueillis en Ulis en élémentaire, au collège et en lycée professionnel. Des professeurs ressources, formés aux besoins éducatifs particuliers des élèves autistes accompagneront les enseignants chargés de leur accueil.

Favoriser l'inclusion des adultes

Trop d'hospitalisations inadéquates concernent des adultes atteints de TSA (troubles du spectre de l'autisme). Un plan national de repérage et de diagnostic des adultes autistes en établissements de santé et en établissements médico-sociaux doit permettre d'améliorer leur prise en charge. Pour améliorer leur inclusion, il est prévu de développer l'emploi accompagné et les Esat "hors les murs" ainsi que les services d'accompagnement médico-sociaux. La création d'un forfait d'habitat inclusif facilitera leur accès à un logement accompagné. Par ailleurs, la création d’un certificat national d’intervention en autisme apportera une spécialisation sur l’autisme aux travailleurs sociaux.