Le bel avenir de l'industrie

Publication : 1er octobre 2020

Sinistrée, l'industrie ? Absolument pas ! La chute des effectifs ouvriers, souvent médiatisée à travers des fermetures d'usines, n'empêche pas le secteur d'embaucher. Pour des emplois qualifiés et souvent mieux rémunérés que dans les services.

L'industrie, un secteur d'avenir

Aujourd'hui plus que jamais, l'industrie est un secteur d'avenir ! Jouant un rôle essentiel dans l'économie française, puisqu'elle est à l'origine de la majorité de nos exportations, elle concentre aussi la plus grande partie de l'effort de recherche du pays.Alors que l'industrie employait encore 4 millions de salariés en 2006, ils ne sont plus que 3,2 millions aujourd'hui. Les délocalisations et la concurrence étrangère ont joué un rôle majeur dans la chute de l'emploi dans des secteurs comme le textile et l'habillement, le cuir et la chaussure, le jouet ou encore l'assemblage électronique. Mais, contrairement à une idée reçue, il ne s'agit pas des seules et uniques causes !

Une baisse en trompe-l’œil

L'emploi baisse également en raison des gains de productivité : le temps nécessaire pour fabriquer un moteur ou assembler une voiture n'a cessé de baisser du fait des progrès dans l'organisation du travail et de la diffusion des automatismes. Résultat : on produit autant, voire plus, avec moins de salariés. Ces différents facteurs expliquent la forte chute du nombre d'emplois ouvriers, qui affecte surtout les moins qualifiés d'entre eux. L'industrie continue ainsi de recruter à des postes d'ouvriers, surtout qualifiés, des emplois correctement rémunérés et offrant des conditions de travail bien meilleures qu'hier.

Dans le même temps, le développement des fonctions d'études, de recherche et de conception des lignes de production a tiré à la hausse les effectifs des cadres et des techniciens. Certaines entreprises ont parfois délocalisé des activités de fabrication tout en conservant en France les emplois liés à la conception, aux procédés de fabrication et à la mise sur le marché des produits. C'est ainsi qu'en 30 ans, les effectifs occupés dans les différentes branches de la métallurgie1 ont pratiquement diminué de moitié, tandis que le nombre d'ingénieurs et de techniciens a doublé. Une évolution qui devrait se poursuivre dans les prochaines années.

Des emplois au " service " de l'industrie

Autre paradoxe : si les effectifs industriels stricto sensu se réduisent, l'activité industrielle crée des emplois... ailleurs ! En effet, l'emploi dans les services aux entreprises a doublé en 30 ans, pour atteindre désormais les 2,6 millions de salariés. En partie grâce aux entreprises industrielles qui externalisent certaines activités pour baisser leurs coûts, accéder à des savoir-faire spécifiques ou rendre plus flexible leur activité en suivant les variations de la demande. Un phénomène qui explique l'essor de la restauration collective, du nettoyage, mais aussi des services informatiques ou des sociétés d'ingénierie. De même, le recours croissant aux agences d'intérim pour une large partie des effectifs ouvriers, notamment dans l'automobile, diminue artificiellement l'emploi industriel, les intérimaires étant comptabilisés dans le secteur des services.

Des services qui " s'industrialisent "

Où s'arrête l'industrie aujourd'hui ? Les frontières avec les services sont devenues poreuses. Les multiples entreprises hybrides nées de la révolution numérique comme les créateurs de logiciels (pour les jeux vidéo, l'industrie...) présentent des caractéristiques qui les rapprochent des entreprises industrielles : importantes dépenses de recherche et développement pour élaborer les produits, ventes en grande série d'un produit standardisé.

Enfin, nombre d'activités de services tendent à s'industrialiser, soit parce qu'elles font appel à des équipements techniques de type industriel (laboratoires d'analyses médicales, par exemple), soit parce que leur organisation s'inspire de méthodes utilisées dans l'industrie. C'est le cas, par exemple, pour la restauration rapide et les centres d'appels.