Revivez le tchat sur le métier de médecin généraliste hospitalier

Publication : 28 mai 2020
Envie d'en savoir plus sur le métier de médecin ? Ce métier vous attire ? Arthur Raison est médecin généraliste en milieu hospitalier. Mercredi 27 mai, il a répondu en direct à toutes vos questions mercredi 27 mai sur son métier, son parcours, son expérience... Revivez le tchat.
Mercredi 27 mai (14h - 15h) : le métier de médecin généraliste hospitalier

Le Modérateur : Bonjour et bienvenue sur ce nouveau tchat de l’Onisep.
Aujourd’hui, nous accueillons Arthur Raison qui est médecin généraliste en milieu hospitalier, pour parler de son métier, de son parcours, de ses études. N’hésitez pas à lui poser vos questions. Bon tchat ! 

Arthur Raison : Bonjour à toutes et à tous ! Heureux de participer à ce tchat, j'attends vos questions et ferai tout mon possible pour y répondre au mieux ! 

Anonymos : Quelle est la différence entre médecin généraliste et médecin généraliste hospitalier ? 

Arthur Raison : Il y a le fond du travail et le statut. En tant que médecin hospitalier, je suis en seconde ligne. J'arrive après un médecin généraliste qui voit une situation trop lourde à gérer à domicile, avec besoin d'une équipe 24h/24, un plateau technique plus important, un accès aux spécialistes. Ces situations sont en général des pathologies plus graves et lourdes en temps dédié au patient (AVC, pneumopathie...).

Par ailleurs, le statut n'est pas le même : contrairement au libéral, je suis un salarié en CDI. Je n'ai pas à m'occuper moi-même des aspects administratifs de mon activité (Urssaf, etc.). 

Midol : Vous vouliez faire ce métier quand vous étiez jeune ? 

Arthur Raison : Non, j'hésitais entre police nationale (mon père était policier) et médical/paramédical (ma mère était infirmière dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, ce qu’on appelle un Ehpad). 

Lila : Quelles sont les différentes spécificités en médecine ? Chirurgie, dentaire... 

Arthur Raison : Vaste sujet ! Il y a des spécialités médicales (médecine générale, d'urgence, rhumatologie, dermatologie, médecine interne, gériatrie, cardiologie, etc.) et chirurgicales (forcément spécialisées : digestive, maxillo-faciale, vasculaire, etc.). 

matine : Bonjour, c'était quoi vos matières préférées à l'école ? 

11 : Quand avez-vous su que c'était le métier que vous souhaitiez faire ?

nat : Bonjour, c'était quoi vos matières préférées à l'école ? Comment avez-vous su que le métier vous intéresserait ? 

Arthur Raison : Mes matières préférées : sciences physiques, sciences et vie de la terre (SVT) et mathématiques. Entre policier et médecin, il y a une dimension d'enquête dans les deux, et je me suis dit que dans le milieu médical, ce serait bien, et j'étais sûr que le métier me plairait. 

Utilisateur_3 : Où avez-vous fait vos études ? Vous avez aimé votre fac ? 

Arthur Raison : Je suis un Cantalien pur souche et fier de l'être (Aurillac). J'ai fait mes études à Clermont-Ferrand. C'était une fac très agréable, dynamique, à taille humaine, et si c'était à refaire, je le referais sans hésiter ! 

77Lilas : Bonjour, est-ce possible d'exercer à la fois en tant que médecin généraliste à l'hôpital et avoir son cabinet de consultation en ville ? Merci ! 

Arthur Raison : Oui, bien sûr, et beaucoup le font. On peut être à la fois à l'hôpital et avoir son cabinet en ville, en libéral ou en salariat. Les seules contraintes d’avoir son cabinet sont administratives. 

Nico : Pourquoi avoir choisi de travailler à l'hôpital plutôt que d'ouvrir votre cabinet ? 

77Lilas : Pourquoi avez-vous choisi d'exercer à l'hôpital ? Quels sont les avantages (et les inconvénients) ? 

Arthur Raison : J'ai choisi l'hôpital, car je ne voulais pas gérer l'administratif. J'avais fait des remplacements en libéral et j'en avais assez des papiers ! Par ailleurs, j'étais trop curieux : je voulais voir les résultats des examens que je prescrivais aussi vite que possible (j'ai le résultat d'une radio en 30 min, par exemple). Les avantages : le travail en équipe, l'accès aux spécialistes, les discussions entre nous, les locaux techniques. Les inconvénients ? Je n'en vois pas beaucoup, à vrai dire... 

Anonymos : Maintenant vous êtes médecin. Vous étudiez toujours comme les années précédentes ou vous partez en formation ? Si oui, combien d'heures/an ? 

Adrien-zin : Faut-il faire des formations en continu face aux progrès médicaux ? 

Arthur Raison : On apprend tous les jours de nouvelles choses. On ne peut pas connaître l'intégralité de la médecine en tant que généraliste. On apprend beaucoup dans les revues médicales, en lisant le VIDAL, Pubmed et les conférences de consensus (formations continues pour les médecins, spécialistes ou généralistes). 

Anonymos : Vous avez fait combien d'années d'études ? 

Arthur Raison : J'ai eu la chance de ne pas redoubler, donc 9 ! (dont 3 ans d'internat) 

Janna : Avez-vous réussi votre première année en tant que primant ? Pouvez-vous nous donner quelques conseils pour bien la réussir ?

Arthur Raison : Oui, je l'ai réussie, mais j'étais antépénultième (avant-avant-dernier) des reçus... 

Kai : Bonjour, quelle partie de vos études vous a semblé difficile ?  

Arthur Raison : Il ne faut pas trop s'égarer, travailler beaucoup, mais garder des moments pour s'évader un peu (moi, c'était le sport), deux ou trois fois par semaine. Un esprit sain dans un corps sain ! 

Anonymos : En Paces, vous avez travaillé combien d'heures par jour ? 

Arthur Raison : Ça dépend tellement des gens, de leur efficacité... Certains font en une heure ce que d'autres font en trois. Il n'y a pas de règle. C'est surtout une question d'efficacité dans le travail. 

Utilisateur6 : Les études sont-elles dures ? 

Arthur Raison : On dit souvent que la première année est la plus dure, mais ça n'a pas été mon ressenti. En première année, c'est surtout du bachotage et le stress du concours. L'internat est plus compliqué : il faut gérer l'éloignement des proches (je suis parti à Montluçon pendant un an), le stress, les heures de travail et des responsabilités qu'on n'a pas en première année. 

Utilisateur4 : Est-ce obligé de faire une spécialité après 7 ans d’études en médecine ?  

Arthur Raison : Oui. Et la médecine générale est devenue une spécialité, ce qui n'était pas le cas avant. 

hanane : Quand on est étudiant en médecine, on arrive à avoir une vie sociale avec les autres ? Comment organisiez-vous votre temps lorsque vous étiez encore étudiant en médecine ?  

Arthur Raison : Passé la 1re année, le matin j'allais en cours (différentes matières) à la faculté, et l'après-midi, soit il y avait des cours, soit je travaillais chez moi. Le soir, c'était détente, sport ou copains. J'ai rencontré ma femme durant mes années de médecine, donc je confirme qu'on peut avoir une vie sociale ! 

Anonymos : Pourriez-vous partager votre emploi du temps d'une semaine ou d’une journée type ?

Arthur Raison : 8h ou 8h30, j'arrive à la clinique. 9h, prise des transmissions avec les infirmières de ce qui s'est passé pendant la nuit. Puis jusqu'à 13h30, visite des patients (une dizaine ou une douzaine). Après la pause déjeuner, je vois les nouveaux entrants de 14h30 à 18h30. Il y a aussi les consultations et le suivi des personnes sorties d'hospitalisation. J'essaie aussi de faire avancer les dossiers de mes patients, pour les renvoyer le plus rapidement possible à la maison. 

RLV Info Jeunes : Quel est votre moment préféré de vos journées ?

Arthur Raison : La pause déjeuner ! ;-) Ça me permet de me reposer le cerveau, et de poser le téléphone qui sonne toute la journée. 

porta : Est-ce que le rythme effréné du travail de médecin n'est pas trop usant au bout de quelques années ? 

Arthur Raison : Je ne suis pas un « vieux » médecin. J'ai attaqué en 2017, donc je n'ai pas encore eu le temps de m’user. En tout cas, on ne s'ennuie pas, et la journée passe à une allure folle ! Pour l'instant, j'aime cette effervescence. 

Anonymos : Est-ce que ce métier offre du temps libre (pour des loisirs ou sa famille) ? 

Arthur Raison : Oui. Avant, je faisais de la musique, mais j'ai arrêté. J'avoue que le sport m'est indispensable : courir, faire du vélo... Et ma femme me laisse le temps pour ça. Mais je suis jeune papa, et là, ça se complique... ;-) 

Utilisateur40 : Combien de temps a-t-on pour choisir une spécialité ? 

Arthur Raison : En internat, tout était une histoire de classement, en fonction duquel on avait certaines possibilités. J'ai eu très peu de temps, un mois peut-être. Mais c'est normalement une question qu'on a anticipée pendant les six premières années, en fonction de ses préférences, de ses centres d'intérêt et des stages qu'on a faits entre la 3e et la 6e année (dans différents services hospitaliers). C'est ce qui se pratiquait à l'époque de mes études. 

Utilisateur27 : Le bac 2021 : il faudrait choisir 3 spécialités en 1re et 2 en terminale. Si vous étiez en seconde, vous auriez choisi lesquelles pour ce métier ?

Arthur Raison : Les matières qui m'ont le plus servi plus tard en médecine étaient : SVT, physique-chimie. Mais en 1re année, il faut surtout avoir de la mémoire. 

Lê An : Bonjour monsieur. J'aimerais savoir si au cours des études de médecine on a l'occasion de faire des stages à l'étranger en vue d'exercer à l'international plus tard ? 

Arthur Raison : Oui, j'ai des amis qui sont partis à l'étranger. La faculté de Clermont-Ferrand faisait des échanges avec les États-Unis, par exemple. Une fois ancré dans une spécialité, des échanges se pratiquent dans certains hôpitaux afin d'échanger leurs pratiques. Une amie est ainsi partie en Angleterre. 

Mateo : Bonjour, je suis en seconde. Je voudrais faire médecine et on m'a dit qu'il y avait eu plein de choses qui avaient changé (une réforme). Pourriez-vous me dire où trouver de l'info sur ce sujet ? 

Arthur Raison : Oui, bien sûr, il y a plein d'infos sur ce sujet sur le site de l'Onisep : http://www.onisep.fr/Choisir-mes-etudes/Apres-le-bac/Principaux-domaines-d-etudes/Les-etudes-de-sante-les-nouvelles-voies-d-acces-en-2020 

Clara : Qu'est-ce qui a été le plus difficile pendant vos études ? Aujourd'hui, lorsque vous êtes face à un patient, est-ce qu'il vous arrive de douter ou de ne pas savoir quoi faire ? 

Arthur Raison : Évidemment, on doute tous les jours. Entre la théorie et la pratique... C'est pour cela qu'il est bénéfique de discuter avec les collègues, faire des recherches, etc., pour avoir la meilleure prise en charge pour les patients. C'est ainsi qu'on progresse. 

Clarisse : Bonjour, je suis en 3e et j'aimerais me diriger vers un métier médical, plus précisément vers la maïeutique. Mais comment se passent les études en médecine ? Est-ce que c'est difficile ? Y a-t-il des côtés « pratique » en cours avec des mannequins, etc. ? Il faut avoir un très bon niveau en mathématiques ou pas (car j'ai un bon niveau en sciences, mais absolument pas en mathématiques) ? Merci d'avance pour vos réponses. 

Arthur Raison : Je t'invite à consulter le dossier de l'Onisep dont le lien a été posté un peu plus haut. Concernant les maths, en médecine, ce n'était pas (dans mon expérience) une matière discriminante. 

Utilisateur2 : Pourquoi avez-vous choisi d'être médecin généraliste ? 

Arthur Raison : Je n'aime pas du tout la chirurgie. Je voulais faire du médical, mais sans me cantonner à une spécialité. J'aime bien être touche-à-tout. Par ailleurs, j'aimais bien mon médecin généraliste quand j'étais plus jeune. Il m'a donné une belle image de ce métier et ça m'a inspiré.  

Le Modérateur : Nous prenons les dernières questions... 

RLV Info Jeunes : Selon vous, quelles qualités sont nécessaires pour ce métier ?

Arthur Raison : Il faut être patient, dynamique, avoir de l'énergie, ne pas compter ses heures, être motivé, altruiste... Mais aussi avoir la tête sur les épaules, faire la part des choses et ne pas s'oublier. Il faut savoir s'accorder le droit de décrocher de temps à autre, sans se laisser « bouffer ». Il faut aussi garder sa capacité à douter. 

Anonymos : Vous gagnez combien par mois ? 

Arthur Raison : Dans le public, tout est codifié, la grille est toute faite. On attaque praticien hospitalier contractuel, à 3 360 € net. L'échelon peut varier et ça peut aller jusqu'à 3 800 €. 

Alfred : Après une licence Miashs santé (Mathématiques et informatiques appliquées aux sciences humaines et sociales), est-ce que c'est possible d'être médecin ?  

Arthur Raison : Je ne connais pas cette licence, je serais de mauvais conseil. Je vous conseille de vous rapprocher d'une conseillère d'orientation. 

hanan : Quels sont les conseils que vous pourriez donner à un futur étudiant de PASS ?  

Utilisateur7_1 : Quels sont vos conseils pour un futur étudiant en médecine ?

Arthur Raison : Croire en sa réussite, car il n'y a pas de raison que ça ne fonctionne pas si l'on est motivé. Persévérer. Et ne pas s'oublier, quand même : trouver un équilibre de vie entre les études et les à-côtés. Et surtout, faire ces études-là, car on manque de médecins actuellement. Dans dix ans, j'aurai besoin de confrères ! 

Le Modérateur :Le tchat se termine. Arthur, le mot de la fin ?  

Arthur Raison : Merci à toutes et à tous de votre présence et de vos questions. J'espère avoir répondu au mieux à vos attentes. Et si la médecine est votre passion, n'hésitez pas, allez-y ! C'est un très beau métier, épanouissant au possible. On ne regrette pas de s'être lancé. Bonne fin de journée à tous et toutes. 

Le Modérateur :Merci à toutes et à tous de votre participation. Merci à Arthur pour ses réponses et ses conseils. Nous vous souhaitons une belle fin d’après-midi.