Revivez le tchat avec Julie Maratrat, chargée de mission sur les milieux naturels

Nous vous avons proposé de participer à un tchat sur les métiers de l'environnement et du développement durable avec Julie Maratrat, chargée de mission sur les milieux naturels du Parc naturel régional du Gâtinais. Ce métier ou ce secteur vous intéresse ? Mais que doit-on faire pour l'exercer ? Elle a répondu en direct à toutes vos questions mercredi 25 novembre (de 15h à 16h). Retrouvez l'intégralité des échanges.

Revivez le tchat sur les métiers de "l'Environnement et développement durable"

>>>En savoir plus sur Julie Maratrat

Modérateur : Bonjour et bienvenue sur ce nouveau tchat autour des métiers de l'environnement et du développement durable. Nous accueillons aujourd'hui Julie Maratrat, chargée de mission sur les milieux naturels du Parc naturel régional du Gâtinais, pour échanger en direct avec vous sur son métier, son parcours, etc.

Bon tchat ! 

Julie Maratrat : Bonjour. Je suis en compagnie de Vincent, qui exerce le même métier que moi et qui m'aidera à répondre à vos questions. 

Marie : Bonjour. Quel est votre quotidien ? 

Flo : Bonjour, C'est quoi votre travail au quotidien ? Travaillez-vous en équipe ou seule ? 

Julie Maratrat : Nous sommes la moitié du temps sur le terrain et l'autre moitié au bureau. C'est avant tout un travail de terrain mais avec de la préparation en amont et de la restitution après.

Sur certains projets, nous travaillons en binôme. Vincent et moi avons néanmoins  chacun nos spécialités.

Il y a aussi un travail transversal mené avec les autres collègues qui travaillent au parc du Gâtinais. La notion de transversalité, cela veut dire que nos autres collègues sont des urbanistes, des paysagistes, etc. On travaille ensemble dans des objectifs communs d'aménagement du territoire. 

Val-33 : Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? 

Robin : Vous rêviez de faire ce métier depuis votre enfance ou l'avez-vous découvert plus tard ? Quelle formation conseilleriez-vous aux jeunes qui comme vous aimeraient exercer ce métier ? Est-il possible d'évoluer ? 

Julie Maratrat : Très tôt, on a eu envie de faire ce métier sans en connaître forcément tous les aspects. J’étais surtout intéressée par la protection des animaux. Au départ, je voulais être garde forestier à cheval.

Pour mon métier, le cursus est BTS Gestion et Protection de la Nature. 

Mély : Bonjour, quel est le cursus pour faire garde à cheval ?  

Julie Maratrat : Ce métier n'existe pas à proprement parler. Il faut faire ses études dans l'environnement. Et si on monte bien à cheval, on peut trouver des opportunités pour exercer les deux passions en même temps.  

Océane : Existe-t-il un lien assez direct avec les animaux (comme soigneur) ?

Julie Maratrat : On travaille pour la protection d'animaux sauvages. Notre travail consiste surtout à protéger les habitats dans lesquels ils vivent. On fait tout pour que les animaux ne deviennent pas domestiques. On manipule parfois les animaux, mais avec une extrême précaution.

Parfois, on récupère une chouette ou un hibou et là, ce qui est agréable, c'est qu'on a un contact direct avec les animaux. Il nous arrive de baguer des oiseaux mais il faut une formation. Je suis également un dispositif de sauvetage des amphibiens (crapauds, grenouilles, etc.) 

Fidji4452 : Faut-il impérativement avoir un profil plutôt scientifique ? 

Julie Maratrat : Pas obligatoirement. On récolte des données mais c'est ensuite aux scientifiques d'analyser ces données. Cependant, si on n'a pas suivi un parcours scientifique, on sera assez rapidement limité. 

Miky : Peut-on travailler dans votre secteur sans le bac ? 

Julie Maratrat : Non. Le minimum, c'est le BTS. Il faut acquérir un bon niveau rédactionnel. 

Océane : Est-ce que un bac STAV correspond à ce métier ? 

Julie Maratrat : Oui, ce bac correspond à ce métier. Mais ce n'est qu'un début. Il faut ensuite suivre un BTS, voire plus (licence pro, etc.).

Un impatient : Quelles sont les études courtes qui donnent accès rapidement à un métier ? 

Julie Maratrat : Un bac pro Gestion des milieux naturels. Mais les débouchés ne sont pas énormes et on se retrouve à faire de la gestion d'espaces verts dans les communes et là, ça ne correspond plus à la protection du patrimoine naturel. 

dfff : Quelles sont les meilleures formations en développement durable ? 

Julie Maratrat : Le développement durable est un thème très large.
Tout ce qui relève de l’économie d'énergie, de l’écoconstruction, etc., fait partie du développement durable, mais ce sont d'autres filières. 

Guillaume : Est-ce que le bac économique est accepté pour cette formation ? 

Julie Maratrat : Pour être accepté en BTS avec un bac économique, il faut un très bon dossier. Très peu de candidats sont pris avec un bac économique. Au BTS, on retrouve des matières scientifiques dans lesquelles il faut être à l'aise. 

Mély : Est-ce qu'il y a beaucoup d'emplois dans ce type de métier ? 

Julie Maratrat : Il y en a, mais il faut suivre la formation de manière sérieuse. Ceux qui vont se distinguer seront ceux qui ne se seront pas limités à leur formation. Et ceux qui auront profité de leur temps libre pour travailler leur sujet et faire du terrain.

Diaporama photos

Environ 30 professionnels travaillent pour le Parc naturel régional du Gâtinais français. Leur mission ? Protéger la biodiversité et les milieux naturels dans une région fortement urbanisée. A chacun sa spécialité : le sol, la flore, la forêt, les cours d’eau et la faune. Observations de terrain, animations et surtout gestions de projets rythment leur quotidien.

Protéger la nature : à chacun son métier

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Protéger la nature : à chacun son métier

En Ile-de-France, le Parc naturel régional du Gâtinais français, l’un des 51 PNR de France, est une zone rurale dont le milieu naturel est protégé. Rencontre à la Maison du Parc de Milly-La-Forêt où des professionnels, techniciens et ingénieurs, nous racontent leur métier. 

Alexandre Emerit, responsable du pôle environnement

Alexandre Emerit, responsable du pôle environnement

Prendre soin des orchidées dans  votre jardin, protéger des chauves-souris qui ont trouvé refuge dans votre grange, entretenir la rivière ou réhabiliter les fosses septiques pour protéger le sol des pollutions domestiques… Alexandre et son équipe de 5 personnes s’attèlent à ces différentes missions. "Je travaille en contact avec les élus, les associations et les citoyens. Mais aussi en collaboration avec La Réserve naturelle régionale, les autres parcs naturels d’Ile-de-France et la fédération des parcs naturels régionaux, pour partager les politiques de biodiversité."

Sa formation : un diplôme d’ingénieur en agronomie et un doctorat en sciences de l’environnement, d’AgroParisTech – ENGREF (Ecole Nationale du Génie Rural des Eaux et Forêts).  Fort d’une expérience de 8 ans à la Maison du Parc, il connaît bien le territoire et ses enjeux.

Adrien Philippopoulos, chargé de mission en assainissement

Adrien Philippopoulos, chargé de mission en assainissement

Sur leur terrain d’habitation, les particuliers sont dotés d’un système de traitement des eaux usées (issues de la cuisine et des sanitaires), une fosse septique, enfouie sous terre. Adrien contrôle la conformité de ces fosses aux normes en vigueur. Une démarche obligatoire pour éviter la pollution du sol. "J’effectue un diagnostic sur place. Si une nouvelle fosse est nécessaire, je conseille le propriétaire sur les travaux à réaliser.  Et je gère le dossier."

Sa formation : un BTS GEMEAU (gestion et maîtrise de l’eau). Il a travaillé 2 ans en bureau d’études sur un projet de réhabilitation d’un réseau d’assainissement collectif, avant de rejoindre la Maison du Parc.

Julie Preytal, chargée de mission en assainissement

Julie Preytal, chargée de mission en assainissement

"Pour les particuliers qui doivent  réhabiliter leur fosse septique, je monte des dossiers de demande de subventions, auprès de l’Agence de l’eau, de la région et des conseils départementaux." Julie et son collègue Adrien accompagnent les riverains de A à Z : plans du projet, appel à un bureau d’études, devis, recherche d’une entreprise de travaux et suivi du chantier.

Sa formation : un diplôme d’ingénieur en génie industriel de l’environnement, de l’EME (Ecole des métiers de l’Environnement). Ce poste est son 1er emploi.

Camille Guérin,  chargée de mission Natura 2000

Camille Guérin,  chargée de mission Natura 2000

Sur un site naturel protégé, désigné Natura 2000, Camille réalise des inventaires de la faune, par exemple les papillons, et de la flore (l’anémone, les orchidées, le troène...). Les coordonnées où sont localisées les espèces sur le terrain sont détectées avec précision grâce à un outil GPS. "J’observe la présence de différentes espèces et leur évolution au fil du temps. Et j’étudie l’impact de travaux de débroussaillement sur la vie des espèces."

Sa formation : un diplôme d’ingénieur agronome, spécialité gestion forestière, de l’ISARA Lyon (Institut supérieur d'agriculture Rhône-Alpes). Elle a d’abord travaillé en gestion forestière à la Maison du Parc. Le site Natura 2 000 abrite d’ailleurs plusieurs forêts.

Julie Maratrat, chargée de mission sur les milieux naturels

Julie Maratrat, chargée de mission sur les milieux naturels

Observation des mares ou des vergers présents sur le territoire, ou inventaire de la faune, notamment des libellules… C’est la mission de Julie. "Je réalise le suivi régulier d’une espèce, sur un espace donné. Pour les chauves-souris par exemple, selon un protocole établi par le Muséum national d’histoire naturelle, j’enregistre leurs cris (des ultrasons) de nuit, en roulant en voiture sur un parcours précis. Je recherche aussi  la présence de colonies dans les églises, les caves et les granges, pour aménager des espaces de circulation et protéger les espèces."

Sa formation : BTS GPN (gestion et protection de la nature). À la Maison du Parc, elle a évolué dans ses missions : de la surveillance des milieux (de l’éco-garde) à la prise en charge de projets.

Mathieu Kokot,  chargé de mission sur la rivière Ecole

Mathieu Kokot,  chargé de mission sur la rivière Ecole

Chargé de la gestion de la rivière, il remédie à tout type de problème : un arbre en travers de la rivière, une inondation suite à un orage... Dans ce dernier cas, il travaille avec un bureau d’études et contacte les entreprises de travaux. "À moi de prévoir des aménagements préventifs. Pour favoriser la circulation des espèces aquatiques, je dois aussi entretenir régulièrement la rivière où prolifèrent des algues."

Sa formation : un master en géophysique. Il a développé ses connaissances sur les milieux aquatiques dans son 1er emploi d’animateur nature.

Mathieu Deperrois, chargé de mission en systèmes d’information géographique (SIG).

Mathieu Deperrois, chargé de mission en systèmes d’information géographique (SIG)

"Les différents chargés de mission localisent des chauves-souris ou des marais à débroussailler, sur le territoire avec un outil GPS qui donne leurs coordonnées géographiques précises. J’importe ces données dans mon ordinateur pour les représenter sur une carte." Mathieu fait aussi un suivi informatisé des actions réalisées par le Parc pour évaluer les missions de toute l’équipe.

Sa formation : un master en géographie, spécialité cartographie et SIG.

Marion Le Quéré, chargée de mission éducation au territoire

Marion Le Quéré, chargée de mission éducation au territoire

Son leimotiv : "Faire découvrir les richesses et la fragilité du territoire. Et donner l’envie d’agir pour le protéger !" Marion anime des ateliers pédagogiques sur le terrain et accompagne les élus et les habitants des communes, professionnels et particuliers, dans leurs projets autour du développement durable.  

Sa formation : bac+5 en sciences et techniques du patrimoine. Elle s’est orientée vers l’éducation après une expérience de formatrice en développement durable pour des cadres dirigeants.

Nicolas Bock, chargé de développement en environnement forestier.

Nicolas Bock, chargé de développement en environnement forestier

Sur ce territoire, la forêt est divisée en plusieurs parcelles de propriété. Mais sa préservation est un enjeu pour tous et notamment pour Nicolas. "Je conseille les propriétaires (des particuliers ou une commune) sur la bonne gestion de la forêt : ne pas couper de bois pour préserver l’habitat de certaines espèces animales utiles à la forêt, ou, au contraire, abattre des arbres pour améliorer leur croissance." Chêne, châtaigner, charme… il connaît toutes les "essences". Nicolas fait la promotion de l’utilisation du bois pour le chauffage à usage domestique.

Sa formation : un diplôme d’ingénieur forestier d’AgroParisTech – ENGREF (École nationale du génie rural des eaux et forêts), après une formation en techniques et industries du bois à l’ENSTIB (École nationale supérieure des technologies et industries du bois). Ce poste est son 1er emploi.

© photos : Gregoire Maisonneuve / Onisep

 

Utilisateur3 : Quelles filières dans le développement durable sont liées avec la faune et la flore sauvage ?

Julie Maratrat : Tous les gardes qui travaillent dans les parcs nationaux, les réserves naturelles, les parcs naturels régionaux. Il y a aussi l'Office national des forêts, l'Office national de la chasse, l'Office national de l'eau. Il existe aussi des métiers ouverts sur concours de la fonction publique, avec des conditions d'accès. 

sophie : Quels sont les concours qui permettent d’être écogarde ou chargé de mission en parc naturel ? 

Julie Maratrat : C'est le concours de technicien territorial, concours de la fonction publique. Il existe aussi des concours pour le service public de l'État. 

mady : Les parcs naturels régionaux recrutent-ils uniquement des fonctionnaires ? 

Julie Maratrat : En priorité, oui, mais ils peuvent aussi embaucher sur des contrats de droit privé. A l'avenir, ce ne seront sûrement que des fonctionnaires. 

Doria : Que faut-il comme compétences et /ou qualités et défauts pour faire votre métier ? 

Julie Maratrat : Il faut être passionné et motivé car parfois on travaille dans le froid, etc. Il faut aussi avoir un bon relationnel et être pédagogue car on est tout le temps en contact avec des gens qu'il faut sensibiliser et convaincre.

Il faut aussi être rigoureux. On est amené à suivre des protocoles standardisés. Il faut respecter des conditions spécifiques pour suivre l'espèce. Notre démarche est très scientifique et nécessite de la rigueur pour être précis. 

Il faut aussi être un bon communicant.

John_22 : C’est facile d’obtenir un stage ou un job d’été ? À partir de quel niveau de formation ? 

Julie Maratrat : Pour décrocher un stage, il faut avoir un permis de conduire. C'est indispensable. Il faut que le stagiaire soit autonome. On prend rarement des stagiaires en terminale. 

Mathilde : Est-ce que votre métier est largement ouvert aux femmes ? Ou y a-t-il beaucoup d'hommes ? 

Julie Maratrat : A mes débuts, c'était très masculin mais ces dernières années, ça s'est équilibré. Mais je ne peux pas faire certaines choses trop physiques. D'où l'utilité d'être en binôme mixte. 

JO : Est-ce que les langues étrangères peuvent servir ? 

Julie Maratrat : Oui, surtout l'anglais, car on a beaucoup de publications scientifiques en anglais. C'est indéniablement un plus de connaître l'anglais. 

KIKI : L'alternance ça fonctionne chez vous ? 

Julie Maratrat : Non, car ce n'est pas évident à gérer. Ce qui freine, c'est surtout l'aspect financier par rapport à des compétences qui ne sont pas assez élevées. 

Marcooo : Pensez-vous que votre métier a un avenir ? 

Drom35 : Comment voyez-vous l'évolution de votre métier ? 

Julie Maratrat : Un avenir, c'est certain car la perte de biodiversité est énorme. J'espère voir notre métier se développer dans le secteur privé. Les entreprises privées seront de plus en plus contraintes à respecter les normes environnementales. 

danny : Quels sont les différents types de parcs naturels ou espaces protégés en France ? 

Julie Maratrat : Il y a les réserves naturelles régionales, les parcs nationaux, les sites Natura 2000. Les espaces protégés en France sont nombreux.

Mais on peut aussi travailler sur la biodiversité ordinaire ou non protégée, c’est-à-dire pas uniquement sur des espèces rares. 

Modérateur : Nous prenons les dernières questions... 

jazz : Quels sont les profils qui seront recherchés demain ? 

Julie Maratrat : Les profils qui seront recherchés demain seront des profils polyvalents. On cherchera moins de spécialistes.

Avec Vincent, nous sommes des généralistes : on travaille sur plusieurs espèces, mais nous sommes spécialistes d'aucune d'entre elles, même si on cherche à le devenir.

Le parc recrute maintenant des profils polyvalents, par exemple un paysagiste urbaniste. Et espaces verts et milieu naturel, ça va souvent ensemble. 

Mag : Attendez-vous quelque chose de particulier de la Cop21 ? 

Julie Maratrat : Nous attendons surtout que des décisions soient prises pour limiter le réchauffement climatique, qui a un impact sur la biodiversité. On le ressent à l'échelle de notre parc (qui s'étend sur 69 communes). 

Modérateur : Le tchat se termine. Julie, le mot de la fin ? 

Julie Maratrat : Il faut continuer à faire vivre sa passion et surtout ne pas se démobiliser si vous n'arrivez à pas intégrer le BTS dès la première tentative. Il existe des possibilités autres. Exemple : passer le BTS en candidat libre.

Et il ne faut pas hésiter à s'impliquer dans le milieu associatif et participer à des sorties ou à des formations gratuites. Il y en a beaucoup, notamment en Île-de-France. C'est aussi un moyen de rentrer dans ce secteur et cela permet de se constituer un réseau. 

L'environnement est un monde petit. Le réseau est important, notamment celui du monde associatif. 

Modérateur : Le tchat est terminé. Merci à tous pour votre participation et merci à Julie pour ses réponses et ses conseils. Nous vous souhaitons une très bonne fin de journée !

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