Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

A la rencontre de professionnel.le.s

Sage-femme et homme

Sage femme et homme... l'important c'est la qualité de l'écoute

Sage-femme

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Je suis entré en 1e année de médecine pour devenir kiné mais, au moment des vœux à faire en fin de premier semestre, j’ai vu dans Le magazine de la santé le reportage « Sept minutes pour une vie » filmé dans une maternité. Ce qui m’a beaucoup touché, c’est le lien qui se tisse entre la sage-femme et les femmes enceintes au cours de ces moments exceptionnellement heureux mais qui peuvent être aussi dramatiques.
Je me suis alors dit que j’avais trouvé ma vocation. Les 4 ans d’études de sage-femme ensuite n’ont fait que confirmer ce choix et m’ont responsabilisé.

Quel est votre quotidien de sage-femme ?

Je travaille en libéral dans mon cabinet et non en secteur hospitalier. J’ai moins d’actes techniques mais plus de relationnel : j’organise mon temps comme je le veux. J’interviens en amont et après l’accouchement.
Interlocuteur privilégié des couples ou des femmes qui attendent un enfant, je les accompagne tout au long de cette période, je propose des séances de préparation à l’accouchement et assure le suivi des grossesses physiologiques. Je n'adresse la future maman à un obstétricien que si l’accouchement est prévu en clinique et ce, en fin de grossesse ou si je détecte une pathologie. Après la venue du bébé, il y a les consultations post-natales avec des conseils sur l’allaitement, la rééducation du périnée…
J’interviens aussi à domicile pour des surveillances de grossesses pathologiques avec des menaces d’accouchement prématuré mais aussi pour répondre aux interrogations des mamans après la naissance de leur bébé dans le cadre du dispositif PRADO (PRogramme d'Accompagnement du retour à DOmicile) mis en place par la sécurité sociale depuis deux ans.
Du 6e mois de grossesse au 12e jour après l’accouchement, la prise en charge de la sécurité sociale est de 100%.
Par la suite, je peux assurer le suivi gynécologique de prévention tout au long de la vie de la femme : contraception, frottis…S’il y a une pathologie particulière, je la réoriente vers un médecin spécialiste.

Est-ce que le fait d’être un homme a été un handicap ?

Absolument pas. Installé depuis un an, je n’ai vu aucune différence avec mes collègues féminines et j’ai eu en consultation 230 à 240 patientes. L’obstétrique est une spécialité historiquement masculine : sur Nice, il y a bien une trentaine d’obstétriciens pour seulement 3 ou 4 obstétriciennes ! Mais il est vrai qu’il y a toujours très peu de sage-femme hommes. Nous n’étions que 2 dans ma promotion.
L’important, c’est d’avoir une grande qualité d’écoute. Le relationnel est primordial. Il m’arrive bien souvent de prolonger une consultation -habituellement d’une demi-heure- si je sens que la patiente a besoin de parler.
Il faut aussi bien-sûr, de solides compétences techniques, le sens des responsabilités, une grande rigueur, une capacité à prendre des décisions rapides, à gérer le stress…et ne pas dédaigner l’administratif quand on a un cabinet, car la gestion me prend beaucoup de temps !

Vous avez des projets ?

Compléter ma formation de sage-femme par une spécialisation en sexologie et en acupuncture. D’autres spécialisations existent dans l’échographie, l’homéopathie, l’ostéopathie ou la recherche ; c’est un diplôme qui offre des perspectives variées.

Florian Colas, sage-femme

À lire aussi