Sarah - directrice d’agence immobilière

En tant que directrice et présidente de ma propre structure, je ne m’ennuie jamais !

Midi-Pyrénées - Toulouse / Publication : 24 février 2020
Après diverses expériences réussies dans l’immobilier (notamment), Sarah Landes a monté son entreprise Patrimcity en 2015 pour devenir directrice d’agence immobilière. À 33 ans, elle navigue essentiellement entre Toulouse et Lyon.

De mes études au poste de directrice d’agence immobilière

Après un bac S avec mention à la Borde Basse à Castres, j’ai intégré une prépa HEC à Toulouse : à Fermat en première année puis à Saliège en seconde. J’ai poursuivi mes études à l’étranger en intégrant HEC Montréal pendant 3 ans. J’ai également fait un échange au Mexique pendant 6 mois durant lequel j’ai travaillé dans le marketing sportif. Je suis rentrée à Montréal pour finir mon cursus scolaire. Je n’ai pas du tout suivi une carrière linéaire et attendue par rapport à un cursus classique d’école de commerce puisque peu après l’obtention du diplôme j’ai eu l’opportunité de travailler sur un poste de marketing commercial dans l’immobilier sur Montréal avec une clientèle francophone mais aussi anglophone et hispanophone. Cela a été le coup de foudre pour le métier et en particulier la promotion immobilière. J’y ai travaillé pendant un an avec la double casquette : marketing et commercial.  Je suis rentrée ensuite sur Toulouse. Je me suis montée comme auto-entrepreneuse comme consultante marketing pour diverses entreprises dont une dans le sport. En parallèle, on m’a  proposé  de travailler dans l’immobilier sur un poste de commerciale. J’ai accepté. De fil en aiguille j’ai travaillé de promoteur en promoteur assurant d’abord des fonctions commerciales puis managériales. En 2015 j’ai créé ma propre entreprise Patrimcity : sur Toulouse et sur Lyon, dans la transaction immobilière dans le neuf et dans l’ancien.

« Mon métier consiste à … »

Accompagner les clients (particuliers, professionnels, prescripteurs…) dans leur projet immobilier. Il faut compter sur le relationnel, le côté commercial/transaction/négociation et la prospection. Cela nécessite une prospection permanente de clients (au sens large) acheteurs mais aussi vendeurs. C’est un métier qui m’a séduite car il est très varié avec un grand nombre de compétences, de facettes différentes: du montage à la partie commerciale, du juridique au financier. Beaucoup de domaines se conjuguent. Le relationnel est aussi intéressant : j’ai aussi bien affaire à des particuliers que des professionnels.

« Il faut aussi être polyvalent, jouer sur plusieurs tableaux »

Parmi les qualités à développer : la souplesse ! En termes d’agenda, il faut savoir s’adapter aux horaires des clients. Cela est plus facile avec les professionnels qui ont des horaires de travail «  classiques » alors qu’avec  les particuliers  cela peut être le soir, le week-end etc. Il faut donc faire preuve d’adaptabilité. Il faut aussi être polyvalent, jouer sur plusieurs tableaux et dans différents domaines : règlementaire (avec la carte « T » ou carte d’agent commercial avec portage de carte « T »). Cela sous-entend donc d’être absolument à jour et en permanence sur les questions de réglementation. La carte « T » doit d’ailleurs être renouvelée tous les 3 ans en passant des formations.

Une liberté à double tranchant

En tant que directrice et présidente de ma propre structure, je ne m’ennuie jamais car chaque jour est différent et je suis seule maitre de mon agenda, de mon activité. C’est très enrichissant et passionnant d’autant que je peux m’organiser comme je le souhaite. A contrario, malgré le fait d’être « libre », il faut savoir s’adapter aux contraintes des particuliers et bien gérer sa vie personnelle. L’autre contrainte est la pression des résultats, qui lorsqu’on est à son compte est permanente.

Et le salaire dans tout cela ?

En fonction de la structure, les salaires sont différents et les charges également.  Avec ma SASU, mes charges (sociales) représentent environ 45 % de mon chiffre d’affaires. À cela s’ajoute des charges fixes, des charges de bureau (location etc), de communication (portails immobiliers), les frais d’avocat (pour réaliser les AG annuelles), de comptabilité. Grosso modo il faut diviser son chiffre d’affaires par 2 (structure légère) ou par 3 (beaucoup de charges). Un débutant en tant que salarié d’une structure peut commencer au SMIC au niveau de son fixe auquel s’ajoute une partie variable de plus en plus importante. Il peut gagner environ 2000 euros brut (tout compris). Cela peut ensuite aller très vite.

Et demain ?

Je souhaite stabiliser l’activité sur Toulouse ainsi que pérenniser celle de Lyon. Je souhaite aussi développer mon activité avec davantage d’agents commerciaux.

Des petits conseils pour réussir dans ce métier

Ne pas se fier à la mode actuelle de l’immobilier et prendre l’activité immobilière au sérieux (pas comme dans certaines émissions de télévision…) ! C’est un métier à part entière qui ne s’improvise pas. Il faut avoir un esprit de pugnacité, de persévérance. Il faut savoir dépasser les échecs (qui représentent 90% de l’activité immobilière !) entre les rétractations de clients, les projets qui n’aboutissent pas. Il faut avoir un fort tempérament pour avoir une longue carrière sans ce métier. Après un BTS professions immobilières par exemple et, pour l’avoir vécu, il est peut-être préférable d’être salarié au départ pour engranger de  l’expérience et comprendre tous les mécanismes puis, après, monter sa propre structure. Se monter directement en tant qu’indépendant est risqué et il faut une certaine trésorerie. Les cycles de l’immobilier sont longs c’est-à-dire que les délais d’encaissement prennent du temps : dans l’ancien, il faudra compter entre 3 et 4 mois pour toucher sa commission, sur du neuf en fonction de la date d’actabilité, cela peut prendre entre 6 mois et 1 an. Il faut pouvoir se payer entre temps.

Propos recueillis par A.Landes