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Les métiers du paramédical

Orthophoniste

L'orthophoniste prévient, repère et traite les troubles de la voix, de la parole et du langage chez les enfants et les adultes. L'une de ses compétences principales : concevoir et mettre en œuvre des programmes de rééducation.

orthophoniste

Dyslexie (trouble de l'apprentissage et de la lecture), illettrisme, langage écrit et oral, troubles de la parole, de la respiration, de la déglutition et de la voix après un cancer de la sphère oro-bucco-pharyngée, troubles du langage après un AVC (accident vasculaire cérébral), surdité... autant de domaines pris en charge par l'orthophoniste. Cet auxiliaire médical intervient, sur prescription médicale, auprès d'enfants, d'adolescents, d'adultes et de personnes âgées dans un but de prévention et de réadaptation. Il travaille en collaboration avec des médecins généralistes ou spécialistes (oto-rhino-laryngologistes, pédiatres, psychiatres, neurologues, gérontologues...). Après avoir dressé un bilan orthophonique du patient, l'orthophoniste détermine la nature des troubles et les moyens de les traiter au cours de séances de rééducation.

Maîtrise de la langue, patience et sens de la pédagogie, écoute et empathie illustrent les qualités et capacités nécessaires au métier.
La majorité des orthophonistes exerce en libéral. Les autres travaillent en hôpital ou en centre spécialisé.

Après le bac

Le certificat de capacité d’orthophoniste est obligatoire pour exercer le métier. Reconnu au grade de master, il se prépare en 5 ans après le bac. Ce certificat de capacité forme à la prévention, à l'évaluation et au traitement des troubles de la voix, de l'articulation et de la parole. Mais la compréhension et l'expression du langage oral et écrit sont également de son ressort.
Au programme des enseignements théoriques : sciences du langage, psychologie, sciences de l‘éducation, biologie, neurosciences, physique et  acoustique, pédiatrie, gériatrie, psychiatrie de l’enfant et de l’adulte. La partie pratique est orientée vers les troubles du langage écrit, de l’oralité, de l’audition de la déglutition… Les étudiants suivent tout au long de la formation des stages de découverte et des stages cliniques.

Lieu de préparation dans l’académie de Montpellier

Il est préparé à l’université de Montpellier au sein de l’UFR de Médecine : 35 places disponibles, les inscriptions à la sélection sont en général au mois de novembre et les épreuves écrites d’admissibilité au mois de mars.

A noter : il est possible de suivre des préparations aux concours d’entrée des écoles d’orthophonie :

  • par correspondance avec le CNED,
  • dans certaines écoles privées, liste ici
  • ou bien encore en suivant certains parcours de licence universitaire ou certains DU (diplôme d ‘université).
  • A l’ université Paul Valery Montpellier 3 :

Licence Sciences du langage, parcours étude et pratique du français
Licence Humanités, parcours étude et pratique du français.
DU étude et pratique du français (préparation au concours d’orthophonie)

Témoignage :

(propos recueillis par Audrey Coster, rédactrice Onisep Occitanie)

Rencontre avec Amélie André-Reynaud, orthophoniste

En quoi consiste votre métier ?

Orthophoniste depuis maintenant 10 ans, j’interviens auprès de patients qui souffrent de troubles de la communication. Toutes les tranches d’âges peuvent être confrontées au cours de leur vie à une difficulté, une pathologie qui nécessitera notre intervention. Notre champ d’intervention est riche et varié. Il concerne les difficultés à prononcer des sons ; à pouvoir manier avec aisance le code écrit, lecture et écriture ; à déglutir ; mais aussi à calculer et à entrer en contact avec son environnement... Nous adaptons nos techniques et nos outils en fonction de l’âge du patient et de sa plainte.

Comment s’organise votre travail ?

Actuellement j’exerce seule en libéral, je suis donc autonome dans la gestion de mon planning. Je débute vers 9h et finis généralement vers 20h. J’interviens surtout à domicile et reviens au cabinet le soir après la sortie de l’école pour prendre en charge les enfants. Le mercredi est une journée principalement dédiée à la prise en charge des « petits » patients qui disposent de leur après-midi de libre. Je prends peu de congés et essaye de les fixer en fonction des périodes « creuses » qui sont généralement celles des vacances scolaires.

Quel a été votre parcours professionnel avant d’occuper votre poste actuel ?

Depuis 3 ans mon activité est principalement orientée sur du libéral. Auparavant j’ai travaillé en service de neuropsychologie, en centre de rééducation et réadaptation fonctionnelle neurologique, en institut médical pour enfant et au sein d’une unité d’évaluation et de réinsertion pour personnes cérébro-lésées. Ces expériences au sein d’équipes pluridisciplinaires ont enrichi ma pratique. Aujourd’hui encore je trouve important de créer des liens professionnels avec d’autres acteurs du métier pour une meilleure prise en charge et une vision globale de chaque patient.

Quels sont selon vous, les atouts et difficultés de ce métier ?

Les désagréments sont communs aux activités libérales et aux métiers d’aide à la personne. Je m’investis beaucoup et le volume horaire est important. En outre, le suivi des patients sur le long terme implique une certaine empathie émotionnelle. La survenue d’évènements malheureux chez l’un d’eux est donc susceptible de m’atteindre personnellement. À l’inverse, lorsqu’un traitement s’avère fructueux avec des progrès probants et que l’on peut voir la satisfaction et le bonheur d’un patient, vous éprouvez une sensation qui dépasse celle du travail accompli, car elle concerne une personne. Mon activité résonne dans ma vie personnelle et j’essaye d’en garder ce qu’il y a de plus beau.

Quid du marché de l’emploi dans ce secteur ?

Nous sommes trop peu ! Je suis chaque année dans l’obligation de refuser des prises en charge car mon planning est surchargé ; et il est fréquent que je ne trouve pas non plus de collègues vers qui orienter ces patients, ces derniers étant dans la même situation que moi. Les départs en retraite sont trop importants par rapport aux nouveaux venus dans la profession. Il y a donc des places à prendre !

Dans ce contexte, je conseillerai aux jeunes qui seraient interpellés par les métiers du paramédical de s’accorder du temps pour se renseigner sur cette profession aux multiples facettes et sur son large champ d’intervention.

 

Christelle Torterat, rédactrice Onisep Occitanie

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