« Le conte, une ouverture sur le monde et sur nous-mêmes »

Languedoc-Roussillon - Montpellier / Publication : 25 mai 2020
Naziha est conteuse et bibliothécaire. Elle a récemment ajouté une corde à son arc, en devenant formatrice à la prise de parole à travers le conte. Elle nous raconte son parcours, ses passions et nous explique combien le conte est une ouverture sur le monde et sur nous-mêmes.

3 fonctions… intimement liées au conte

Bibliothécaire, je m’occupe de la section jeunesse d’une bibliothèque municipale.  Mes missions sont de réaliser une sélection de livres qui correspondent aux besoins d’information, de formation du public, et d’accueillir les publics, les aider dans leurs recherches et les orienter dans leurs choix. Je mène des animations telles que l’accueil des classes, heure du conte, ateliers d’initiation à la prise de parole, festival des jeunes conteurs, organisation de « veillées conte » sur les plages en été…

Mon métier de conteuse consiste à transmettre de manière ludique et animée d’anciennes histoires, mythes et légendes de diverses cultures et traditions.

Mon métier de formatrice consiste à former à la prise de parole à travers le conte.

Le contenu se traduit par une initiation à l’art du conte, au travail sur la voix, la respiration, le corps, la présence, les images, la visualisation, les bases de la communication verbale et non verbale.

Pour en arriver là…

Après un cursus littéraire, je me suis orientée vers le secteur de la fonction publique. J’avais envie de faire quelque chose d’utile aux autres. C’est pour cela que j’ai choisi le service public dans un premier temps et le conte dans un deuxième temps.  J’ai été engagée dans une bibliothèque municipale et affectée en section jeunesse. Je me suis ensuite formée au métier de conteur auprès de conteurs renommés tels que Pascal Quéré, Catherine Zarcate ou Sylvie Delom. Je me suis d’abord essayée à la pratique amateur du conte puis je me suis professionnalisée. J’ai pu créer mes propres spectacles sur des sujets qui me tenaient à cœur. Ayant pu constater les bénéfices du conte dans la prise de parole en public, j’ai voulu en faire profiter les élèves et les adultes amenés à s’exprimer à l’oral. J’ai pu ainsi suivre une formation de formateur pour rejoindre un réseau de formateurs au sein de la fonction publique après avoir organisé pendant plus de 15 ans des ateliers de prise de parole par le conte dans des établissements scolaires.

« Le conte, une ouverture sur le monde et sur nous-mêmes »

Nous vivons une époque où tout se dématérialise, y compris la relation humaine et je trouve que mes fonctions sont des métiers qui préservent encore la relation à l’autre.

Le conte est vraiment l’art de la relation à l’autre ; c’est un métier d’échanges et d’enrichissement humain. J’ai la satisfaction de participer à la transmission et à la sauvegarde d’un riche patrimoine oral à travers lui. Le partage d’expériences et de connaissances, ainsi que l’accompagnement des personnes dans le cadre des formations est également très valorisant. Dans mon association Litt’orale, je mène des projets d’animation culturelle et je crée des spectacles autour du conte, je les rôde avec un public-test qui peut me faire des retours constructifs. Je ne suis pas intermittente du spectacle, je suis en autorisation de cumul d’activités.

Dans ma pratique du conte, je propose des formations, des ateliers de prise de parole par le conte. Je m’attache, plus qu’à la tentation d’une certaine nostalgie archaïsante, à l’utilité sociale actuelle du conte.

Les qualités indispensables ?

La sensibilité littéraire, la créativité, la motivation, le sens du contact, une bonne élocution, la curiosité, l’écoute, l’envie de se surpasser, être capable de synthétiser un contenu, reformuler, se faire confiance…

Et après Naziha ?

Je souhaiterais me consacrer davantage au métier de formatrice et à la création de spectacles. On dit que pour préparer un spectacle il faut 9 mois comme pour un bébé ! En fait dès qu’on fait de la création cela prend beaucoup de temps on ne compte pas ses heures.

Sophie Salvadori, rédactrice Onisep Occitanie

Il était une fois... un métier très ancien : celui de conteuse

Bien qu’issue d’une lignée de conteurs de tradition orale puisque je suis berbère, j’ai dû suivre des formations professionnelles.

On appelle conteur ou conteuse celui ou celle qui raconte oralement une histoire sans support autre que ses connaissances, son imaginaire et ses talents d'improvisation. L'art du conteur se différencie donc à la fois de celui de l'écriture, de la lecture à voix haute, et de la simple récitation. En France, la profession d'artiste-conteur est en cours de reconnaissance, au même titre que le métier d'acteur ou de tout autre artiste du spectacle.

Le conteur, qu'il soit traditionnel ou moderne, déploie son talent dans des lieux de rencontres, de convivialité ; les conteurs peuvent donc intervenir lors de festivals de contes, d'événements littéraires, dans les médiathèques, les crèches et les écoles. Ils peuvent aussi participer à des animations de quartier ou se rendre dans les hôpitaux, les prisons et les maisons de retraite.

Les conteurs, diseurs et raconteurs sont présents au centre de nombreux espaces de vie. À leur manière, ils peuvent participer à la construction ou la reconstruction du tissu social. Cette fonction sociale s'accompagne chez les conteurs modernes d'une volonté artistique forte, afin de porter des histoires toujours en évolution et en performance à ceux à qui elles sont destinées.

Conter, c’est maîtriser l’art de la transmission orale des histoires ; ce n’est pas seulement dire une histoire, c’est aussi connaître le patrimoine oral, les techniques de prise parole… Enfin, conter c’est donner vie à une histoire endormie dans un livre bien « au chaud entre deux couvertures », tout comme les notes sur une partition qui ont besoin qu’un musicien les joue sur un instrument.

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