Augusta et David, auteurs-compositeurs-interprètes

Languedoc-Roussillon - Montpellier / Publication : 24 février 2020
Un pull marin, un pantalon noir, une guitare, une voix… et laquelle ! Il n’en faut pas plus à Augusta, 20 ans, pour transmettre son émotion, transporter son public dans des contrées qui font du bien, qui touchent droit au cœur dans un esprit folk.
Les chemises à carreaux, la guitare et un sourire malicieux, c’est David. La country, il l’a dans la peau depuis tout petit. Mélomane et habité par sa musique depuis 24 ans, il la partage avec tout l’enthousiasme et l’humour qui le caractérisent.
Ces deux artistes aux origines britanniques (oui cela s’entend !) partagent quelques morceaux en suivant leur propre chemin néanmoins, tout en simplicité et modestie.

Un mot sur votre parcours jusqu’ici.

Augusta Gaze : J’ai toujours baigné dans la musique en particulier grâce à ma mère. Mon frère jouait notamment du piano. Je l’ai suivi vers 10 ans. Puis j’ai intégré le collège de jazz à Marciac avec 5h de musique par semaine. J’ai assez vite remplacé le piano par la guitare tout en continuant le chant.

David William : Depuis mes 8 ans à Reims, j’ai toujours pratiqué un instrument : du piano avec mon père, de la batterie puis de la guitare à l’adolescence. Ma mère écoutait beaucoup de musique : anglo-saxonne mais aussi de la country. Par la suite j’ai suivi des études en musicologie à Reims puis j’ai passé le DUMI[1] à Toulouse pour enseigner dans les établissements scolaires notamment. Aujourd’hui je me consacre pleinement à la « scène ».

 

Quelle place la musique occupe-t-elle aujourd’hui dans votre vie ?

A.G. : C’est encore un loisir pour l’instant et je suis en licence 2 de philosophie. Mais je souhaite construire une base de projet pour avoir quelque chose sur lequel travailler une fois mes études terminée et ensuite « hit the ground running »[2].

D.W. : J’en vivais en tant qu’enseignant maintenant je suis intermittent. Pendant une année je dois avoir un certain nombre (43 en 12 mois) de dates officialisées par des contrats pour percevoir une aide de Pôle Emploi. Cela correspondrait environ à un SMIC. 

 

A quelle(s) difficulté(s) vous êtes-vous heurtés ?

A.G. : Finir des chansons et trouver des lieux adaptés au style de musique. Je ne peux pas jouer ma musique dans un pub par exemple, cela ne correspondrait pas du tout à ce que le public et le gérant veulent entendre.

D.W. : Pour moi, la vraie difficulté, c’est de trouver le meilleur compromis entre épanouissement personnel, vis-à-vis de sa musique et « survie ». Le mieux étant de se diversifier pour plaire à un maximum de personnes sauf si c’est un public spécifique. Après c’est un peu frustrant de ne faire que des reprises même si j’aime bien cela. Finalement j’aime cette polyvalence et ce qui est important aussi est de se sentir légitime quel que soit le lieu où l’on joue/chante. En revanche, j’estime que le public ne nous doit pas de nous écouter contrairement à ce que certains pensent. Cela permet de remettre en question beaucoup de choses tout en étant le plus naturel et sincère possible.

A.G. : Moi je suis un peu plus « égoïste » dans le sens où j’aime bien jouer mes compositions, plus pour un plaisir personnel en espérant que certaines personnes apprécient aussi car je suis très timide…Maintenant le retour des gens me permet aussi d’améliorer ma pratique et de faire le va-et-vient entre ce que j’aime faire et ce à quoi le public est sensible.

 

Quelles sont les qualités à développer pour réussir selon vous ?

A.G. : Il faut bien utiliser les réseaux sociaux et faire écouter le plus facilement notre musique via Instagram, Facebook et les plateformes de distribution : apple, youtube, spotify, soundcloud…. Trouver le juste milieu, qu’il y ait un échange sans quémander n’est pas forcément facile.

D.W. : Le travail peut se scinder en 2 parties : la musique et la communication. Avec les réseaux, il faut faire des vidéos, poster des photos, en faire, publier du contenu intéressant, être régulier etc. J’envisage aujourd’hui d’utiliser des outils de promotion payants (Instagram, Facebook) pour dépasser son cercle sinon c’est très fastidieux. En même temps il suffit d’être vu par quelqu’un qui serait intéressé. Notre collaboration nous permet aussi de nous entraider aussi bien au niveau de la communication qu’au niveau de la musique. J’imagine aujourd’hui mes chansons avec une 2ème voix.

A.G. : Cette collaboration me permet de faire les premières parties de David et ça c’est chouette !

 

Vos thèmes privilégiés ?

D.W. : Les voyages ! J’écris depuis mes 15 ans environ. J’aimais Ed Sheeran, la pop et plus des chansons d’amour. Arrivé à Toulouse, la proximité des montagnes et le grand air m’ont attiré et inspiré, en particulier les Hautes-Pyrénées. Mes chemises à carreaux vont dans ce sens-là aussi, à la croisée des influences nord-américaines et britanniques. Pour composer une chanson, je pars en général, de la mélodie pour ajuster le texte même si cela peut fonctionner différemment comme ma chanson « Drive » que j’ai conçue à partir de ce mot.

A.G. : Moi c’est l’inverse, c’est plus simple de partir des mots puis trouver une mélodie. Ce sont des sujets assez triviaux. Je recherche cette simplicité, sobriété tant dans la musique que dans ma tenue.

D.W. : Oui, tu pars en général de quelque chose de très simple voire banal pour en faire quelque chose de poétique.

A.G. : La folk peut avoir une connotation un peu péjorative dans le sens où elle est assez simple musicalement parlant et traite de sujets de tous les jours. Mais mon professeur de musique m’avait fait remarquer son charme. C’est un peu « décorer le banal ».

D.W. : C’est véhiculer quelque chose d’émotionnel, de subjectif, qui tout un coup ne l’est plus.

 

Et demain, ou dans 10 ans, quelles sont vos perspectives ?

A.G. : Une fois les études terminées, j’aimerais que la musique prenne plus de place.

D.W. : J'aimerais beaucoup être repéré par une agence, pouvoir enregistrer un 2e album, être booké sur des jolies dates avec peut être un full band ! C'est bien sûr l'utopie de beaucoup de musiciens mais je pense qu'avec suffisamment de travail c'est réalisable ! En attendant, commencer à gagner un salaire en tant qu'intermittent, bouger et faire des dates ailleurs en France sont pour moi les premières choses en ligne de mire.

  • Propos recueillis par Angelina Landes
  • Photo : crédits David William

[1] Diplôme Universitaire de Musicien Intermittent

[2] Partir sur les chapeaux de roue

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Sur le web

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  • Instagram: @augusta.music et @david_william_music

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