Mon métier au quotidien

Sérigraphe : imprimer sur tout support

Métiers de l'imprimerie

Il y a la flexographie, la tampographie, l’offset… Et il y a aussi la sérigraphie ! Son avantage ? Pouvoir imprimer sur tout type de support, ou presque : PVC, vinyle, verre, textile, aluminium, bois…
Pascal Genty, dirigeant de la société de sérigraphie haut-normande Sery Ouest, nous explique ce métier artistique et industriel à la fois.

Pascal Genty, dirigeant de Sery Ouest (76)

Des écrans de soie

"Le mot sérigraphie vient du latin sericum qui signifie soie et du grec graphein qui signifie l’écriture. Nos aïeux utilisaient la soie, dans des temps très anciens, pour réaliser leurs pochoirs", raconte Pascal. Ces pochoirs, appelés "écrans de soie", étaient placés entre l’encre et le support à imprimer. Aujourd’hui, le procédé reste le même, sauf que le polyamide et le polyester ont remplacé la soie. La maille du tissu utilisé pour l'écran détermine la quantité d'encre déposée : "plus la maille est grosse, moins le dépôt d’encre est important", ajoute-t-il, ce qui permet de nuancer la finesse d’impression.
Sery Ouest n’imprime que sur des surfaces planes. Mais "il y a des ateliers spécialisés dans les cylindres, c’est-à-dire le flaconnage, la verrerie. La méthode est identique mais l’adaptation différente".
Pour exercer le métier de sérigraphe, "il faut une bonne vision des couleurs, être précis, soigneux et aimer le côté esthétique de la profession", conseille Pascal.

"Un tout petit monde"…

Les visuels à imprimer sont fournis par des agences de communication. "On doit être en parfaite harmonie avec ce qu’attend le client : les couleurs pantone, la qualité d’impression…" Les clients de Sery Ouest sont des grands noms de l’agroalimentaire, de la cosmétique, de la PLV (publicité sur lieu de vente) ou encore de la pétrochimie : Le Chameau, L’Oréal, JC Decaux…. "C’est très varié !" se réjouit Pascal.
Mais la sérigraphie, c’est aussi bien souvent imprimer des T-shirts ou des autocollants pour de petites associations par exemple. Peu d’ateliers travaillent pour de grandes marques, comme nous l’explique Pascal : "c’est un tout petit métier, avec un tout petit marché. Les entreprises de sérigraphie emploient en moyenne 8 personnes" seulement. Et on dénombre très peu d’ateliers : "il doit y en avoir 3 par grande ville". Un chiffre restreint, qui a d’ailleurs poussé Pascal à créer sa propre entreprise de sérigraphie. Ce photographe de formation a travaillé dans l’étiquette adhésive industrielle. "Certains clients me demandaient de la sérigraphie mais les sérigraphes à Rouen mettaient beaucoup de temps à répondre à mes commandes : c’est comme ça que j’ai eu l’idée de créer l’entreprise." 25 ans après, Sery Ouest emploie 25 personnes. Une belle réussite mais qui ne témoigne néanmoins pas de la réalité du secteur, fortement concurrencé par le numérique.

… en évolution constante

La sérigraphie est un "petit monde", certes, mais un monde dynamique. Le métier évolue : "les machines sont plus précises, plus rapides. Les encres sont moins polluantes qu’avant et les encres à solvant n’existent plus d’ailleurs. Maintenant il s’agit de rayonnement à ultraviolets." Pour Pascal, "on arrive à sélectionner de très belles quadri que l’on peut confondre avec de l’offset, tellement on est prêt de la réalité, en finesse, en qualité…" 
Autre avancée, et non des moindres, l’impression numérique. Depuis quelques années, Sery Ouest développe cette activité en parallèle de la sérigraphie. "Le numérique a l’avantage de ne pas nécessiter d’écrans". Il sera donc plus économique que la sérigraphie pour imprimer de petites quantités. C’est pour quoi Pascal conseille aux jeunes qui souhaiteraient devenir sérigraphe de se former également à l’informatique : "le métier s’oriente vers le numérique".

La sérigraphie pourrait-elle disparaître au profit du numérique ? Dans tous les cas, que ce soit avec des écrans ou au moyen du numérique, Pascal a "plaisir à voir un beau travail sur une machine" : "j’espère qu’on va pouvoir continuer encore de nombreuses années !" Et on espère aussi voir ce métier survivre à la "tornade numérique"…

Imprimer

À lire aussi

Sur le web

„Le site de Sery Ouest
Créée en 1989 par Pascal Genty et Thierry Ferey, la société, qui dispose aujourd'hui d'un site de production de 1700 m2, réalise un chiffre d'affaire de plus de 3 millions d'Euros et emploie 25 personnes.
Plus d’infos sur le site de Sery Ouest.