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Façonnière des industries graphiques : finaliser le produit imprimé

Métiers de l'imprimerie

Une fois imprimés, livres, plaquettes, cartes ou chemises doivent encore être pliés, découpés, brochés… Des finitions indispensables et irréprochables effectuées par le façonnier des industries graphiques.
Caroline Ménard, responsable du façonnage - brochage au sein de l’imprimerie Iropa, nous renseigne sur ce métier trop peu connu… Rencontre.

Caroline Ménard, responsable du façonnage chez Iropa (76)

Une façonnière, des façonnières

"Le façonnage est la transformation d’une feuille imprimée", explique Caroline. "J’interviens après l’impression et prend en charge la finition", ajoute-t-elle. Par exemple, une chemise qui vient d’être imprimée "est d’abord coupée au massicot, puis pliée dans le sens que le client désire". Caroline s’occupe aussi du conditionnement et des expéditions. Des missions très variées qui correspondent en réalité à plusieurs métiers : "vous avez les massicotiers, les plieurs et les encarteurs. On trouve également des papetiers. Ce sont les petites mains qui vont faire de l’emballage, de l’assemblage… Elles font un travail manuel." Outre la diversité des métiers du façonnage, les produits à façonner le sont tout autant : pliages, dos carré-collé, perforations, brochures de différents formats… "Si les façonniers font de la coupe toute la journée, ce ne sera pas de la coupe sur un même produit. Il faut qu’ils refassent un calage, un plan de coupe. C’est très diversifié ce qui est plaisant !" La polyvalence est également de mise chez Iropa : un massicotier peut faire du pliage et un plieur de la coupe si cela est nécessaire pour tenir les délais.

"La dernière roue du carrosse"

Car les délais, pour Caroline, s’apparentent à une véritable épée de Damoclès. Toujours plus courts, ils sont d’autant plus difficiles à respecter que le façonnage se situe en bout de chaîne : "si chacun, tout au long de la chaîne, prend un peu de retard, ce retard s’accumule arrivé au façonnage mais les façonniers n’auront pas plus de temps pour autant. Et même si c’est le client qui prend du retard, il lui faudra le produit imprimé pour la date qui a été décidée initialement." Sans parler des transporteurs : "ils finissent à 16h30 donc même si votre journée se termine à 20h, il faut que vous ayez fini pour 16h30". Stressant le métier de façonnier ? Pas qu’un peu ! Réactivité et rapidité sont donc nécessaires pour exercer dans le façonnage. De même qu’une bonne résistance physique car "le papier pèse très lourd !" Et coupe également. Certains travaillent avec des gants, mais Caroline préfère manipuler le papier sans : "quand on se coupe, on dit que c’est le métier qui rentre…" Manuel, le métier de façonnier est aussi très technique : "il faut aimer la mécanique, aimer travailler sur des machines". "Aimer travailler dans le bruit également", ajoute Caroline. Car machines à façonner et à imprimer se côtoient dans le même bâtiment ce qui provoque inévitablement du bruit, malgré les casques et les bouchons d’oreilles. Mais ces contraintes environnementales n’enlèvent rien au charme de ce métier. Rappelez-vous votre roman ou votre BD préférée : trôneraient-ils avec autant de prestige sur votre bibliothèque s’ils n’étaient qu’un amas de feuilles imprimées ? Sans le travail du façonnier en réalité… Pas sûr !

Un métier en danger ?

"Quand on vous transmet des feuilles imprimées, à plat, et qu’à la fin vous obtenez une brochure en superbe dos carré, c’est gratifiant !", se réjouit Caroline. Mais malgré l’attrait que présente le façonnage, il est aujourd’hui peu connu. "Les gens connaissent l’impression et pensent que derrière le produit est terminé mais non, il y a une autre étape !" En plus de ce manque de popularité, le métier souffre aussi de la concurrence des rotatives qui impriment mais peuvent aussi plier, massicoter, relier… "Tout se fait automatiquement", au détriment du façonnier… Les machines sont aujourd’hui de plus en plus perfectionnées et productives. Quand Caroline a commencé, "il fallait marger à la main, tout se faisait manuellement." "J’ai démarré par un remplacement de quelques jours sur une plieuse. Et ça va faire plus de 25 ans que je suis dans le métier." Caroline a progressé au fur et à mesure jusqu’à devenir responsable du façonnage. Un beau parcours, représentatif des évolutions possibles du métier. En danger, le métier l’est peut-être un peu. Du moins essuie-t-il quelques revers qui l’obligent à s’adapter, comme l’impression numérique. "Beaucoup d’imprimeries ont fermé, à cause du numérique, à cause de la concurrence des pays étrangers". Mais heureusement, le façonnage est indispensable et existera toujours. Et c’est tout ce que l’on souhaite aux façonniers d’Iropa !

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