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Conducteur de machines à imprimer : sur la route de l’impression…

Métiers de l'imprimerie

Point de roues ni de volant pour ces machines mais une multitude de boutons et de voyants lumineux, des bacs où verser l’encre et du papier blanc qui ressort imprimé. Aux commandes : le conducteur de machines à imprimer. De plus en plus automatisées et complexes, ces machines demandent un grand savoir-faire.
Explications de Pascal Dingreville, conducteur offset au sein de l’imprimerie Iropa.

Pascal Dingreville, conducteur offset chez Iropa (76)

"Mettre en couleurs"

"La PAO nous envoie les codes d’encrage". Ainsi commence Pascal. "Codes d’encrage" ? Les machines à imprimer seraient-elles plus complexes qu’on ne le pense ? Et bien oui ! Du moins celle sur laquelle travaille Pascal. Immense, elle compte 5 bacs correspondant à la "quadri" : "le noir, le bleu, le rouge et le jaune" ainsi qu’à une éventuelle couleur PMS (Pantone Matching System) : "c’est un ton direct, une couleur que l’on fabrique nous-mêmes, orange ou vert par exemple". Un vernis acrylique "protégeant l’impression pour la suite de la chaîne" peut également être appliqué. Au bout de ce monstre d’impression, un ordinateur. Les codes d’encrage sont reçus sur cet ordinateur et reportés sur la machine en question. Pascal prépare ensuite le papier, "calle des plaques offset sur des cylindres". Puis il "met en couleurs" et lance enfin l’impression. Mais pas de répit pour le conducteur : "il faut surveiller que l’encrage ne bouge pas, qu’il n’y ait pas de problème de marges, que le papier passe bien…" Un travail intensif et parfois physique…

Un travail de plus en plus automatisé

Les machines sont aujourd’hui de plus en plus perfectionnées et automatisées, ce qui fait qu’il n’y a plus beaucoup d’interventions mécaniques par les conducteurs. Néanmoins des petits réglages sont parfois à effectuer qui obligent le conducteur à se glisser dans les recoins de sa machine : "un tuyau qui perce, une petite fuite d’eau…". "C’est physique !" s’exclame Pascal. Surtout que "le papier pèse très lourd !" Chez Iropa il existe "un retourneur de pile : c’est-à-dire que quand un côté du papier est imprimé, un appareil retourne la pile pour imprimer l’autre côté". Mais dans certaines imprimeries cela se fait encore à la main. Gare alors au mal de dos ! Autre désagrément : le bruit. Même si Iropa a l’avantage d’être dans un bâtiment HQE (haute qualité environnementale) au plafond micro-alvéolé qui absorbe le bruit. Mis à part ces qualités physiques et d’endurance, le métier demande de la minutie : "on ne peut pas faire de l’à peu près dans l’imprimerie", explique Pascal. "Il faut avoir un bon œil, regarder les couleurs", ajoute-t-il. Et être à l’écoute : du chef de fabrication, mais aussi des clients. "Certains veulent voir si ça leur plaît avant que l’impression définitive soit lancée". Ils passent donc du temps à l’atelier avec le conducteur. Une pression supplémentaire pour Pascal qui apprécie néanmoins ces moments. "Quand l’impression s’est bien passée, on est fier parce que tout le monde est content : les chefs, le client et le conducteur !" La fierté du travail bien propre et bien fait, quoi de plus gratifiant ?

Un secteur en crise ?

Quand Pascal a commencé à travailler dans l’imprimerie, il y a de cela presque 30 ans, les missions étaient réparties : "il y avait le receveur, qui réceptionnait les feuilles de papier. Le margeur montait le papier et réglait la marge. L’aide-conducteur soulageait le conducteur qui était responsable de la qualité du travail". Maintenant, le conducteur est seul sur sa machine. Certes, les machines à imprimer sont désormais automatisées. Mais l’imprimerie connaît également une crise importante depuis quelques années, crise due à l’avènement des médias numériques qui relèguent les imprimés au second plan. Heureusement, Iropa sait rebondir, tout comme Pascal qui n’hésite pas à suivre des formations pour se mettre à niveau : "ça bouge tellement, ça évolue sans cesse, il faut savoir s’adapter !" S’adapter au numérique ? Une évolution que Pascal ne rejette pas : "je pense que ça va être l’avenir !" Les missions d’un conducteur de machines à imprimer évoluent mais le conducteur peut également évoluer au sein de l’imprimerie et devenir deviseur par exemple. Et pourquoi pas viser la direction ensuite ? Ancien conducteur, Laurent Crevel, aujourd’hui directeur de production d’Iropa, l’a prouvé : c’est possible !

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