Mon métier au quotidien

Tailleuse et couturière : une créative à la pointe de la mode !

Métiers d'art

Entre leurs doigts agiles, des tissus prennent forme pour devenir des complets, des costumes de scène ou encore des vêtements de haute-couture. Les tailleurs - couturiers créent des vêtements originaux, du patron aux finitions grâce à sa parfaite maîtrise de la couture.
Géraldine Lemonnier-Leblanc, couturière à Rouen, a choisi, elle, de se consacrer aux robes de mariées. Rencontre.

Géraldine Lemonnier-Leblanc, couturière © Onisep Normandie Rouen

Créer un vêtement unique

Quoi de plus unique qu’une robe de mariée ? Elle doit être "spéciale, parfaite, exceptionnelle", explique Géraldine car "elle cristallise beaucoup de rêves et de sentiments". Mais elle doit surtout correspondre à la personnalité de la future mariée. "Il faut que j’écoute les jeunes femmes qui se marient, que je réfléchisse à leurs goûts et à leurs envies, que je leur propose un modèle qui ira aussi bien à leur morphologie qu’à leur style et au message qu’elles veulent faire passer ce jour-là". Ce modèle, soit Géraldine le trouve dans ses collections, soit elle le confectionne sur-mesure : "on choisit ensemble les tissus, les matières, les détails, la coupe, les finitions… Je fais un moulage en toile de coton que je drape et épingle sur le corps de la cliente. Je reporte ensuite ce moulage sur papier pour obtenir un patron à partir duquel je coupe une robe brouillon en toile de coton blanche. La cliente l’essaye, je fais les retouches nécessaires sur la toile puis sur le patron papier et je coupe enfin la robe dans le tissu final." Pour cela, "un grand sens de l’écoute est nécessaire". "Parfois, la future mariée a une idée bien précise de la robe qu’elle veut. D’autres fois, elle choisit un modèle de ma collection, d’autres fois encore elle ne sait pas. A moi alors de cerner ce qu’elle souhaite."

Une démarche artistique

Géraldine Lemonnier-Leblanc, couturière

Géraldine Lemonnier-Leblanc, couturière

L’écoute est indispensable au couturier, de même que la créativité. 
"J’ai tout le temps des idées. Je les note, les croque sur des bouts de papier. Dès que je vois quelque chose qui me plaît, je le prends en photo. C’est une espèce de nourriture permanente. Toutes ces idées se mélangent ensuite et ressortent au moment opportun.". 
Géraldine "aime le blanc, les robes romantiques, les matières vaporeuses... Des tendances se dessinent. Mais si la personnalité de la future mariée implique une robe à bretelles en dentelle, c’est ce qu’elle choisira, même si ce n’est pas la mode." Géraldine s’adapte donc aux demandes de ses clientes, tout en laissant exploser sa créativité débordante. A cette démarche artistique vient s’ajouter des côtés plus techniques au métier de couturier. Une fois le modèle défini, il faut en effet le coudre : "la saison des mariages s’étend de mai à octobre. C’est la période où j’ai le plus de couture à faire. Il ne faut pas compter ses heures." L’hiver, Géraldine se consacre aux rendez-vous préliminaires, aux essayages, à la conception des modèles d’exposition et participe à des salons du mariage. Mais la création reste ce qu’elle préfère : "créer mes modèles de collection, rechercher de nouvelles matières, réaliser des prototypes…" Et quand une cliente choisit un modèle de sa collection, "c’est un vrai bonheur !".

Une vocation précoce

D’après Géraldine, "il faut au moins 4 ou 5 ans d’expérience en couture avant d’être efficace. Car il faut avoir pratiqué, pratiqué et pratiqué pour coudre rapidement." Or la rapidité d’exécution est indispensable dans ce métier. Autodidacte, Géraldine coud depuis toujours et a donc acquis très tôt cette rapidité : "j’ai commencé la couture à 8 ans et j’ai toujours cousu depuis." Elle suit une formation en modélisme à l’Esmod ainsi qu’une formation de chef de produit textile. Géraldine travaille dans l’industrie textile et, quelques années après avoir terminé ses études, s’installe à son compte. "J’ai toujours voulu faire ça. J’aimais les modèles uniques, les belles matières, ce qui impliquait forcément les robes de mariées !" Aujourd’hui Géraldine diversifie son activité en proposant des robes du soir. Une autre évolution possible serait de "trouver des dépositaires pour vendre ses robes de mariées ailleurs" que dans sa propre boutique.

La passion pour s’en sortir

Vivre de ses créations n’est pas toujours facile. Géraldine a créé son entreprise il y a maintenant 12 ans. Mais les premières années ne furent pas évidentes : "on ne peut pas se payer pendant au moins 2 ou 3 ans, le temps de se faire un nom. Il faut donc avoir une autre source de revenus". Et se faire connaître n’est pas chose aisée, surtout quand on confectionne des robes de mariées : "les clientes se marient une fois et ne reviennent donc pas". "Par contre, une fois qu’on a habillé une mariée dont le mariage avait 200 invités, le bouche à oreilles se fait vite". Le métier de couturier est "très exigeant" et a "peu de débouchés" : on peut travailler "en atelier de retouches, en atelier de confection, en usine de confection, ou s’installer à son compte." Les places sont rares néanmoins. Géraldine déconseille donc fortement de "faire une école de couture si l’on n’est pas passionné par ce métier." "On travaille un peu pour l’amour de l’art", nous dit-elle. "Il y a quelques sacrifices. Mais c’est le prix à payer pour faire le métier que l’on aime. Et ça, ça n’a pas de prix !"

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