Coralie BALMY - Profil de Carrière...Olympique!

Elle est multiple championne d'Europe, de France, médaillée en championnat du monde, médaillée olympique à Londres en 2012 et membre de l'équipe de France de natation. La Martiniquaise Coralie BALMY a grandi au pays avant de prendre son envol afin de poursuivre ses rêves de records et de médailles dans les piscines du monde entier. Et quelle réussite! Elle ouvre aujourd’hui son parcours à l'Onisep Martinique et nous détaille le chemin parcouru depuis les bassins de notre île jusqu'à sa récente reconversion, après les Jeux Olympiques 2016 de Rio, à la protection des animaux marins et plus précisément des tortues, son autre passion. C'est notre profil de carrière olympique.

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NOM : BALMY                                      PRENOM : Coralie

ÄGE : 29 ans                                  VILLE : Le Robert

 

Quel a été votre parcours scolaire en Martinique ?

J’ai effectué ma scolarité en Martinique, de la maternelle au collège. Je suis partie en métropole pour faire mon lycée en sport études.

Comment s’est organisée votre pratique sportive avec votre scolarité en Martinique?

Je n’avais aucun aménagement spécial pour mon sport quand j’étais scolarisée en Martinique sauf ma dernière année, à savoir la classe de 3ème un pole régional natation s’est créé en partenariat avec le collège Petit Manoir du Lamentin. Nous pouvions alors combiner les entraînements (8 séances par semaine environ) avec les cours en préparation du brevet des collèges.

Nous étions hébergés sur place, dans l’internat du lycée professionnel Petit Manoir, afin de nous faciliter les trajets et d’optimiser nos plages de repos.

Vous partez à 15 ans à Toulouse afin de poursuivre votre activité sportive à haut niveau,  comment se prend cette décision ? Vos parents étaient-ils en accord avec votre choix ?  

Cette décision s’est prise assez facilement dans le sens où je savais que pour que je puisse continuer à progresser dans mon sport, il me fallait intégrer une structure me permettant de combiner le sport de très haut niveau avec la scolarité du lycée. Il n’y avait alors aucune structure en Martinique le permettant.

Bien sur que mes parents étaient en accord avec ce choix, ils connaissaient et avaient conscience des objectifs sportifs que je m’étais fixés, ils n’ont eu de cesse de m’encourager dans mon épanouissement et dans mon rêve d’intégrer un jour l’équipe de France de natation. Pour ça, je leur serai éternellement reconnaissante.

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Comment s’est menée votre pratique sportive de haut niveau pendant votre scolarité à Toulouse?

Ma pratique sportive de haut niveau s’est très bien menée pendant ma scolarité puisque toute la logistique mise en place par le CREPS de Toulouse en partenariat avec le Lycée de Bellevue était tournée vers la performance et la réussite du double projet (sportif et scolaire). Nous avions entrainement toute la matinée de 8h à 12h, puis cours de 13h jusqu’à 17h, puis de nouveau entrainement de 17h30 jusqu’à 19h30. S’en suivait un horaire d’études de 20h30 à 22h, afin que l’on puisse faire nos devoirs, et nous recommencions cela tous les jours.

Tout était vraiment planifié et mis en place pour notre réussite : l’alimentation, le logement, les transports, le service médical, les intervenants, nous n’avions rien à penser d’autre qu’à être performants.

Quelles sont les qualités nécessaires pour mener de front étude et sport ?

Je pense que les qualités nécessaires pour mener de front sport et études sont la persévérance, l’envie et la volonté de bien faire, la confiance et l’optimisme.

Les choses se font naturellement et facilement pour celles et ceux qui s’en donnent les moyens.

C’est une vraie leçon de vie en fin de compte. On apprend à gérer notre temps, à l’optimiser, à s’organiser et à performer dans n’importe quelle situation.

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées en partant ?

Je n’ai pour ainsi dire rencontré aucune difficulté en partant, tout simplement parce que j’étais contente de partir, de découvrir un nouveau mode de vie, de nouveaux camarades d’entrainement, d’autres méthodes d’entrainement, une autre vie tout simplement.

Ce que j’ai apprécié par dessus tout, c’est de côtoyer des jeunes de mon âge et de partager cet objectif commun avec eux.

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Est-il aujourd’hui nécessaire de partir de la Martinique afin de conjuguer sport et étude ?

Je pense qu’aujourd’hui les choses évoluent en faveur du développement du sport, et de l’aménagement des études pour les sportifs de haut niveau en Martinique, mais il n’existe pas encore de structure à proprement dit qui permettrait aux jeunes martiniquais de rester sur place toute la durée de leur scolarité.

Car après le collège et le lycée viennent les grandes écoles, les universités, les formations professionnelles, je pense qu’on a de beaux et grands progrès à faire de ce coté la, afin de permettre aux jeunes de pouvoir rester au pays un peu plus longtemps que ce qui nous est possible maintenant.

Quelles seraient les pistes d’amélioration des structures et fonctionnement en Martinique afin de permettre aux jeunes martiniquais de se former localement au haut niveau ?

Afin d’améliorer et de permettre aux jeunes martiniquais de se former localement au haut niveau, je pense qu’il faudrait un partenariat avec un collège et un lycée, qui permettrait aux jeunes de mener à bien leur double projet scolaire et sportif. Pourquoi ne pas proposer un logement ? Puis, pour voir plus loin, il faudrait aussi une dérogation spéciale pour les jeunes martiniquais inscrits sur les listes ministérielles qui souhaiteraient faire des études supérieures en Martinique.

Les universités et les grandes écoles sauraient à quoi s’en tenir et pourraient aménager un cursus spécial afin de maintenir les jeunes dans la scolarité. Le plus important à mes yeux pour un sportif de haut niveau, c’est de pouvoir exercer son sport et suivre des cours de façon sereine et efficace durant sa carrière.

Comment avez-vous abordé votre reconversion professionnelle pendant votre carrière ?

Pendant ma carrière, j’ai toujours tenu à faire des études, à m’intéresser à différentes choses, avoir des centres d’intérêts divers. Cela a participé à mon équilibre et à mon épanouissement personnel. Donc au moment de ma reconversion, je savais ce que je voulais faire et comment je devais m’y prendre pour y parvenir.

Dès le mois de janvier 2016 j’ai écrit et me suis beaucoup renseignée sur les structures qui pourraient m’accueillir après ma carrière de sportive de haut niveau, c’est à dire en octobre dernier. Ainsi je savais où je mettais les pieds.

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Quel est aujourd’hui votre métier ? Au sein de quelle organisation ?

Aujourd’hui je travaille au Centre d’Etudes et de Sauvegarde des Tortues Marines de la Méditerranée (CESTMED), et mon job consiste à réceptionner les tortues marines blessées ou échouées qui ont été trouvées soit par les pêcheurs soit par des passants, de les soigner, de les nourrir puis de les relâcher en mer.

Je travaille aussi beaucoup sur le projet d’agrandissement du centre de soins, nous aurons bientôt de nouveaux locaux.

Avez-vous été tentée de rester dans le milieu de la natation ? Est-ce une possibilité pour le futur ?

Je n’y ai pas été tentée, je pense que j’ai besoin de faire une pause avec la natation. Mais il est vrai que je n’exclus pas la possibilité d’y revenir par la suite...

Abracadabra ! Nous sommes en 2026 (dans 10 ans), il se passe quoi dans votre vie professionnelle ?

Je souhaite que dans 10 ans j’ai réussi à ouvrir un centre de soins pour tortues marines en Martinique, et que je m’y épanouisse le plus possible.

Racontez une anecdote personnelle liée à votre parcours ou votre activité.

Une anecdote….la première qui me vienne et qui je pense résonnera peut être aux oreilles des jeunes sportifs martiniquais...En 2006 j’ai failli mettre un terme à ma carrière, par lassitude, manque de résultats aux compétitions, manque de confiance en moi. Imaginez tout ce que j’aurai raté si ça avait été le cas !

Un dernier conseil pour les jeunes martiniquais qui souhaiteraient faire du sport de haut niveau ?

Accrochez-vous à vos rêves, aussi fous soient-ils, si vous y croyez vous y arriverez forcément!

Ce sont des phrases toutes faites qui peuvent vous paraître bateau, mais si je vous le dis aujourd’hui, c’est parce que ça fonctionne vraiment!!

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Un grand merci à Coralie pour ce retour d'expérience!

 

(propos recueillis par Cyril ELISABETH - Onisep Martinique)

 

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Le CESTMED

Le CESTMed est officiellement reconnu comme centre de soins des tortues marines sur le littoral méditerranéen français.

Ses missions principales consistent à accueillir, soigner et étudier les tortues marines blessées et/ou victimes d’un échouage ou d’une capture accidentelle dans les filets de pêche. Par ailleurs, en tant que membre du Réseau des Tortues Marines de Méditerranée Française (RTMMF), le CESTMed est habilité à relâcher ces animaux en mer lorsque leur état le permet.

De plus, afin de permettre aux tortues du centre de soins de s’acclimater à nouveau à la vie sauvage avant d’être relâchées en mer, un centre de réhabilitation en milieu semi-naturel a été créé sur le canal du Ponant à La Grande Motte.

Les travaux du CESTMed s’articulent autour de trois grands axes :

  • Le centre de soins et de réhabilitation
  • Le pôle scientifique
  • Le pôle pédagogique

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