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Le parcours de l’élève

L’ITEP Rosa Park de Sevran (93) : réconcilier les jeunes avec l’école et le savoir

Rencontre avec Malika Alkama, éducatrice spécialisée à l’ITEP Rosa Parks de Sevran (93).

ITEP

Qu'est-ce qu'un ITEP ?

Malika Alkama, éducatrice spécialisée à l’ITEP Rosa Parks de Sevran (93)

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Comme tous les professionnels de l’institut thérapeutique éducatif et psychologique (ITEP) Rosa Parks, Malika Alkama, éducatrice spécialisée est entièrement à l’écoute des enfants : "Je tente de les apprivoiser, de les "séduire"… afin de leur montrer que l’école et les apprentissages peuvent être différents." 

L’Itep accueille des élèves au potentiel intellectuel préservé, mais "empêchés" dans leurs apprentissages par des difficultés diverses liées souvent à leur situation familiale. Submergés par les émotions, leur sensibilité est à fleur de peau. 

> "Ils ont le potentiel pour réussir, mais "l’Ecole" n’est pas pour eux". L’Institut leur offre un cadre où ils peuvent acquérir des compétences psycho-sociales, scolaires et professionnelles.

Toutes les actions menées sont thérapeutiques

L’Itep possède 4 classes d’âge, de la 6e à la 3e, et une classe particulière pour les jeunes qui sont a-scolaires (en grande délicatesse avec l’école), animée par une éducatrice scolaire. La prise en charge s’effectue au niveau thérapeutique, éducatif et pédagogique, mais à vrai dire, "toutes les actions menées sont soignantes".

La classe est faite par un enseignant, aidé par un, voire deux éducateurs. Les effectifs sont très réduits (5 à 6 élèves) et les temps de classe plus courts. Des activités culturelles et sportives (équitation entre autres) et de nombreux ateliers professionnels concourent à apprentissages des élèves.

> "Chasse" aux monuments de Paris avec plan de la ville et appareil photo, visite de musées… tout est bon pour élargir leur vision du monde. Certains élèves n’ont jamais quitté leur ville et leur quartier. Les sorties sont aussi l’occasion de travailler la socialisation : "Parfois, nous allons au restaurant. Les jeunes, habitués à prendre souvent seuls un repas ou un sandwich devant une télé ou un écran d’ordinateur, apprennent à manger avec l’autre !…".

Une inclusion progressive dans le milieu scolaire

Chaque enfant a son projet personnalisé, en fonction de ses désirs et de ses capacités. "Même lorsque le niveau scolaire est faible, nous pratiquons de l’inclusion en collège dès la classe de 6e, en commençant par le sport, les arts plastiques et les ateliers. Puis, on instille petit à petit des enseignements généraux : français, mathématiques…". Au fur et à mesure de leur progression, des temps partagés de plus en plus importants avec le milieu scolaire peuvent être envisagés.

Ateliers et stages préprofessionnels

Les jeunes sont amenés à découvrir tous les ateliers de l’Itep : pâtisserie, cuisine, métiers du bâtiment, horticulture, menuiserie. Ils sont également très demandeurs de stages en milieu professionnel dès l’âge de 15 ans. Au sein d’une Unité d’accueil et d’insertion (UAI), un éducateur assure la mise en place de stages et de partenariats. L’Itep travaille avec un large réseau d’acteurs et collabore en tout premier lieu avec les municipalités (services techniques), garages automobiles, restaurants, restaurants d’entreprise, logistique, vente, … mais aussi avec les Esat, les missions locales, la MLDS d’Aubervilliers.

> Un ancien élève de l’Itep est revenu voir l’équipe une vingtaine d’années après son départ, gardant un souvenir positif de son séjour, bien que le cadre lui paraissait à l’époque contraignant. Aujourd’hui, il a monté un restaurant et propose d’être un terrain de stage pour les élèves de l’Itep. Une belle marque de reconnaissance et un message porteur d’espoir : "Si j’y suis arrivé, vous y arriverez aussi !"

Le travail de l’éducateur spécialisé

Il accompagne l’élève individuellement dans ses apprentissages, notamment en classe, où il fait également de la co-animation avec l’enseignant. Une partie de la journée est consacrée à la médiation, une soupape de sécurité essentielle pour l’élève et l’enseignant. "Lorsque les jeunes "craquent" en classe ou en atelier, ils vont en médiation". En salle de médiation, les éducateurs aident les jeunes à "revisiter" les situations conflictuelles. "Je dédramatise les situations avec parfois de l’humour ou un peu de dérision. Je leur procure apaisement, empathie et les réconforte souvent avec des petits gâteaux achetés au commerce du coin" nous confie Mme Alkama. Souvent "cabossés" par la vie, ils sont très preneurs de toutes ces marques d’attention.

Associer les parents

"On ne peut rien faire avec les enfants si les parents ne sont pas associés à la démarche, car eux aussi ont besoin d’être associés. Il faut trouver des moyens d’instaurer la confiance sans être trop intrusif". Les mères, particulièrement, ont besoin d’être déculpabilisées, rassurées. En envoyant un jour à une maman une carte de fête des mères personnalisée, Mme Alkama a vu ses rapports avec elle complètement modifiés.

> "L’enfant commence à aller mieux quand il voit que parents et éducateurs s’associent pour améliorer son bien-être".

Que font les élèves après l’ITEP ?

Après un séjour d’une durée idéale de 3 ans au sein de l'ITEP, les élèves réintègrent une scolarité dite ordinaire en collège ou le plus souvent, se préparent à une entrée en lycée professionnel, Erea ou CFA afin d’y obtenir un CAP, voire plus. Lorsque cela n’est pas possible, une orientation en Esat est alors envisagée.

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"Scolariser les élèves à besoins éducatifs particuliers en Ile-de-France", 2018-2019 - Uniquement en téléchargement

Cette publication présente les différents parcours possibles des élèves à besoins éducatifs particuliers en milieu scolaire ordinaire ou médico-social.