Tétière CMQ Métallurgie plasturgie

Des profils bien ciblés pour Aluminium France Extrusion

Laurent Lorphelin est directeur de l’entreprise Aluminium France Extrusion (AFE) à Ham (80). Il nous ouvre les portes de son établissement et nous donne les clés d’un recrutement réussi. Un enjeu pour cette entreprise qui devra renouveler un bon tiers de ses effectifs d'ici cinq ans pour compenser les départs en retraite.

Fiche identité AFE

L'entreprise en images

Aluminium France Extrusion est une entreprise du secteur de la métallurgie, spécialisée dans la fabrication de profilés en aluminium. Laurent Lorphelin, le directeur de l'établissement, nous emmène au cœur de l'entreprise où 65 personnes transforment le métal selon un processus bien rodé.

Aluminium France Extrusion

Implantée à Ham, dans la Somme, l'entreprise emploie 80 salariés. Elle transforme des cylindres d'aluminium en profilés qui serviront à construire des fenêtres, portes, vérandas…

Les billettes

Les billettes sont entreposées dans la cour de l'entreprise. Ce sont ces cylindres d'aluminium qui donnent naissance aux profilés. Profilés que l'on retrouvera dans nos fenêtres, portes, vérandas…
L'aluminium, c'est le summum !
L’aluminium est un métal bourré de qualités : résistant, très léger, excellent conducteur de la chaleur et de l’électricité. Il peut être facilement travaillé à basse température et déformé sans se rompre, ce qui permet de lui donner des formes très variées. Il est aussi recyclable à 100%.

La cour

Casque, chaussures de sécurité, gilets fluorescents, bouchons d'oreille… C'est l'équipement obligatoire pour les salariés et toute personne qui pénètre dans l'entreprise.

De jour comme de nuit

"Nous sommes spécialisés dans le filage à chaud, explique Laurent Lorphelin, c'est le procédé de transformation industrielle qui permet d'obtenir des profilés d'aluminium. Il faut 4 à 5 jours pour passer d'une billette à un profilé, prêt à être expédié au client. L'entreprise tourne en continu : 24h/24 et 7j/7"

Le four

Au four
Les billettes sont posées sur la table de transfert, elles vont être réchauffées dans un four spécial à une température d'environ 450°C puis sciées en morceaux d'un mètre qui vont être mis sur la presse pour commencer le filage.

Main

Le morceau est poussé dans un conteneur pour passer à travers une filière (ici, en photo) qui va donner sa forme aux profilés. "Le filage, c'est le principe du dentifrice, explique Laurent Lorphelin, le directeur de l'établissement. Vous avez un tube, le conteneur, et une pâte malléable à l'intérieur". Évidemment, il faut pousser très fort : 2800 tonnes de poussée sont nécessaires à l'opération, soit l'équivalent de 74 poids-lourds !

Table

À l'étirement
Les profilés sortent de la presse à plus de 400° puis sont refroidis avant d'être installés automatiquement sur des tables de 70m de long. Pascal, tractionneur, intervient à ce stade: "Mon travail consiste à tractionner les profilés, c’est-à-dire les étirer pour les rendre droits. Après, les barres sont sciées à la dimension voulue par les clients". Un dernier traitement thermique pour durcir le profilé puis direction l'emballage ou le barrettage. Le barrettage est le secteur de l'entreprise où les opérateurs insèrent entre deux profilés, et à la demande des clients, des barrettes en polyamide qui assurent les isolations thermique et phonique.

Presse à aluminium

Une surveillance active
Le visiteur peut avoir l'impression que les machines fonctionnent quasiment sans intervention humaine. "La production occupe 65 personnes et nous tournons en trois-huit, on ne voit donc que le tiers des opérateurs. La presse demande beaucoup de surveillance, précise Laurent Lorphelin. Le chef de presse supervise les opérations grâce à plusieurs écrans de contrôle. Il doit être capable de comprendre les données relatives à la température, à la vitesse, à la pression…".

Emballage

Avoir le coup de main
Trois lignes d'emballage permettent de répondre aux besoins des clients en matière de conditionnement. Ici, le profilé de 7m est souple et se plie. Shanel et Nicolas travaillent à deux et ont acquis une certaine pratique pour le manipuler. "La manutention est mécanisée, précise Shanel, ce qui nous facilite le travail même si parfois les profilés peuvent être lourds".

Jeunes

Dernière étape avant l'expédition chez le client
Nicolas, Shanel et Delphine sont intérimaires. Élodie (à droite de la photo) a été embauchée après 18 mois d'intérim. Aucun d'entre eux n'a de diplôme spécifique au conditionnement. C'est l'expérience qui vaut diplôme. L'avis des quatre collègues est partagé sur le système des 3-huit. "Il laisse libre la journée ou les après-midi mais entraîne aussi une certaine fatigue, notamment quand on est dans l'équipe de nuit".

Déchets aluminium

En route pour une nouvelle vie
"Les chutes de fabrication repartent au Luxembourg pour être recyclées. C'est une des particularités de l'aluminium : il est 100% recyclable, à l'infini", explique Laurent Lorphelin. Aujourd'hui, près de 47% de l'aluminium consommé en France est issu du recyclage.

 

Les clés d'un recrutement réussi

Laurent Lorphelin, directeur AFE

Ingénieur de formation, Laurent Lorphelin est à la tête de l'entreprise depuis cinq ans.

Interrogé sur son entreprise, Laurent Lorphelin nous explique sa politique de recrutement.

Côté production : aptitudes pratiques et capacité d'abstraction

"L'idéal pour ces métiers est d'avoir un profil bac pro à dominante industrielle… et encore ! Ce sont surtout le niveau et les aptitudes qui nous intéressent. La théorie est aussi importante que la partie pratique, il faut en effet une base scientifique pour travailler les métaux. C'est tout bête mais il faut connaître une règle de trois, par exemple. Ce qui est à soulever pèse-t-il deux cents kilos ou une tonne ? Les conséquences sont importantes. Pour nos métiers, surtout au niveau du filage à chaud, il faut également avoir une bonne capacité d'abstraction. C'est important d'avoir des notions en transformation thermomécanique (température, vitesse,  pression…).

L'expérience vaut diplôme

Il faut également savoir capitaliser ses expériences, ce qui me fait dire que l'expérience vaut diplôme. Comme il y a beaucoup de changements de séries, le chef de presse doit refaire les réglages régulièrement sur l'installation de filage. Il doit pouvoir retrouver le réglage sur tel ou tel type de produit même si c’était il y a deux mois. Nous fabriquons plus de 5000 types de produits !

L'intérim permet d'acquérir une première expérience sur le poste de travail. Dans l'équipe emballage/expédition nous avons embauché des personnes qui n'ont pas suivi de formation industrielle mais qui avaient fait leurs preuves comme intérimaires. 

Côté support : de bac+2 à bac+3

Il s'agit des métiers liés à la logistique, la maintenance, la sécurité, la qualité et la vente. Pour les fonctions support, nous visons des niveaux bac+2 à bac+3 (BTS, licence pro), comme pour les techniciens de maintenance par exemple.

Les équipes techniques vont définir les gammes opératoires et échangent avec les clients pour définir les critères de contrôle des produits. Nous sommes une industrie qui fonctionne à la demande, nous avons deux semaines de visibilité devant nous. Nous devons donc faire des prévisions avec la direction commerciale et l'équipe logistique pour nous réapprovisionner en matière première car le délai de livraison est de deux mois. C'est d'ailleurs ce que vit la plupart des entreprises aujourd'hui.

Une politique de recrutement égalitaire

L'idée du recrutement, c'est de prendre des personnes susceptibles d'occuper tous les postes dans l'usine et non pas des personnes devant rester 45 ans au même endroit.

Nous fonctionnons avec un Comité de compétences qui réunit l'assistante des Ressources Humaines et les responsables des différents secteurs. Nous examinons ensemble tous les CV reçus de façon "neutre". Nous occultons le "haut du CV" afin de pouvoir nous concentrer uniquement sur l'expérience professionnelle, extra-professionnelle ainsi que sur la partie formation. Nous ne savons donc pas s'il s’agit d'une personne âgée ou jeune, d'un homme ou d'une femme … Je suis sensible aux fautes d'orthographe ! Cela me permet de savoir si la personne est concentrée et rigoureuse, si elle a fait l'effort de faire relire sa copie.

Les PME, l'avenir de l'industrie

Le tissu industriel des PME (petites et moyennes entreprises) prendra le dessus dans notre métier.

Pourquoi ? Nos clients sont également des PME, nous avons plus de facilité à nous comprendre. Nos métiers attirent peu car l'industrie n'a pas toujours une bonne image. Par contre, j'ai constaté qu'une fois en poste, les salariés sont vraiment intéressés par le secteur. D'autant plus que ce sont des métiers convenablement payés. Nous prenons des stagiaires de niveau bac+2 à bac+5 tous les ans, qui viennent pour la plupart de l'IUT de l'Aisne. Certains étudiants ont tendance à vouloir faire leurs stages dans les grosses sociétés car cela leur semble plus sécurisant. En venant dans notre entreprise, ils sont confrontés à une variété d'activités et font des stages intéressants car ils sont directement impliqués. Nous n'offrons pas le même type de carrière mais nous sommes dynamiques !"

 

La production : le cœur de l'entreprise

La production, où travaillent près de huit salariés sur dix, comprend deux secteurs.

En amont, c'est le secteur du filage à chaud, un procédé de transformation industrielle qui permet d'obtenir des profilés d’aluminium. En aval, l'entreprise fait du barrettage, c’est-à-dire qu’entre deux profilés d’aluminium les opérateurs insèrent à la demande des clients des barrettes en polyamide qui assurent les isolations thermique et phonique. Ensuite, ce sont l'emballage et l'expédition.

L'entreprise travaille en continu. Les opérateurs travaillent selon le système des 3x8 et, quand c’est nécessaire, le week-end. Cela veut dire que trois équipes travaillent sur un même équipement par roulement de huit heures. Une équipe, pour un équipement, comprend entre deux et cinq personnes et travaille sous la responsabilité d'un chef de ligne.

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