24h avec...

Florent Moro, commissaire-priseur

Maître Moro fait partie des 9 commissaires-priseurs que comptent l’Aisne, l’Oise et la Somme. Coup d’œil dans les coulisses de l’hôtel des ventes à Amiens où il exerce 2 jours par semaine.

24h avec un commissaire priseur

9h30 Rendez-vous dans un restaurant de la Somme qui est en redressement judiciaire. En tant que commissaire-priseur judicaire*, Maître Moro est mandaté par le Tribunal de Commerce pour faire l'inventaire du matériel à saisir. "Le contact humain est important, surtout dans ce cas" confie-t-il.

10h30 Bureau de l'hôtel des ventes à Amiens. Florent Moro saisit les références des objets inventoriés dans un logiciel spécialisé qui fait office de livre de police. "En tant que responsable des ventes lors des enchères, je dois être rigoureux et tout consigner : provenance, description et valeur de l’objet, etc.".

11h15 Un particulier se présente pour expertiser une montre à gousset. Maître Moro met sa casquette de commissaire-priseur volontaire*. "J'ai une formation en droit privé et en histoire de l'art mais mon jugement se base aussi sur mon expérience et ma curiosité".

11h45 Appel au cabinet Claire Salanne, expert en bijoux. "En cas de doute, nous contactons notre réseau d’experts spécialisés".

11h55 Florent Moro inscrit le numéro de l'objet dans sa base de données et donne un reçu au client. La montre fera partie d'une vente spécialisée de bijoux.

12h30 Un yaourt avalé sur le pouce, notre professionnel saute dans sa voiture direction Saveuse pour estimer les meubles d'un particulier.

14h30 "40 euros, qui dit mieux ?", une vente de livres anciens débute à l'hôtel des ventes. Installé sur une tribune surplombant le public, Maître Moro annonce à haute voix le départ des enchères.

16h "Adjugé vendu !", le dernier coup de marteau résonne. 95 lots se sont écoulés sur les 120 présentés. Ils sont remis aux acquéreurs qui paient immédiatement. "Nous faisons environ trois ventes courantes par mois, une vente spécialisée (bijoux, vins, etc.) et une vente généraliste de beaux objets environ tous les deux mois."

16h30 Sa secrétaire vient lui faire signer un chèque à destination d'un client qui lui a confié la vente de ses objets. "Notre rémunération dépend des commissions réalisées sur les ventes. Mais notre profession est très contrôlée et réglementée".

17h Le responsable de salle prépare l'exposition des bouteilles de vin qui seront bientôt proposées aux enchères. "Les acquéreurs pourront ainsi voir les bouteilles et poser des questions avant la vente" explique maître Moro.

17h15 Le magasinier s'affaire dans les 2500m² de l'hôtel des ventes pour préparer la livraison des biens acquis par un particulier. La structure possède aussi des réserves climatisées réservées au stockage des vins.

18h00 Coup d'œil sur le site internet de l'hôtel des ventes qui annonce les prochaines enchères. "Nous communiquons aussi dans la presse locale et spécialisée. Du coup, nos clients viennent de toute la France et du monde entier !".

19h30 Fin de journée. Demain, il exercera à l'hôtel des ventes de Saint-Quentin. "Nous travaillons six jours sur sept et plus de 70 heures par semaine, il faut être passionné pour exercer ce métier !" glisse-t-il en quittant l'office.

[Reportage réalisé en janvier 2017]

 

 

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Une profession en mutation

Commissaire-priseur volontaire…

Il faut être titulaire d'une double licence en droit et en arts (appliqués, plastiques…). Il faut ensuite passer un examen très sélectif d'accès à un stage rémunéré de 2 ans, auquel on ne peut se présenter que 3 fois. Le Conseil des ventes délivre alors un certificat qui permet de diriger des ventes volontaires d'objets aux enchères publiques.

…et des ventes judiciaires

Il faut passer un examen supplémentaire dit d'aptitude judiciaire validé par décision du Garde des Sceaux. Mais ce métier est en pleine mutation… L'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016, en application de la loi Macron, crée la profession de commissaire de justice qui fusionne progressivement les professions de commissaire-priseur judiciaire et d'huissier de justice. À suivre !

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Les publications de l'Onisep

  • Les métiers de la justice
    collection Parcours
    parution en octobre 2015
    Dans ce numéro : de nombreuses formations s'appuyant le plus souvent sur un cursus initial en droit. Des métiers répertoriés en quatre grandes familles
  • Les études d'art
    collection Dossiers
    parution en avril 2016
    Pour découvrir les différents univers de la création et choisir sa formation artistique post-bac
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