Picardie - Amiens / Publication : 13 janvier 2020
La première année de licence en droit peut être un cap difficile à franchir. Entre le changement de cadre et les nouvelles méthodes de travail, les jeunes étudiants peuvent s’y perdre un peu. C’est pourquoi l’Université de Picardie Jules Verne a recours au tutorat.

Il est de notoriété commune que les études de droit sont exigeantes. Particulièrement pour les nouveaux étudiants. En 2017-2018, le taux de passage en 2e année était d’à peine 34%. Les chiffres sont encore plus sévères pour les étudiants ne venant pas d’un baccalauréat général, avec 8% de réussite pour les bacheliers technologiques et aucun admis chez les bacheliers professionnels.
Ces statistiques montrent bien l’importance des dispositifs d’aide à la réussite afin d’éviter l’échec en 1re année. Parmi ces dispositifs, le tutorat permet aux nouveaux venus de bénéficier de l’aide d’étudiants plus expérimentés.

Torkiya Ghobrini, étudiante en 3e année de bi-licence droit/anglais et tutrice, ainsi que Lisa Uwitonze, étudiante en 1re année de bi-licence droit/anglais et bénéficiaire du tutorat nous parlent de leur expérience

Qui peut bénéficier du tutorat ?

En début d’année, les enseignants établissent des listes d’étudiants qui leur semblent en difficulté. Parmi eux, sont inclus les étudiants redoublant leur 1re année ainsi que les étudiants en « réorientation », c’est-à-dire, ceux qui ont changé de filière universitaire après une première année. Pour les autres, la sélection se fait à partir de la première note obtenue en travaux dirigés.
Cependant, le tutorat n’est pas réservé aux étudiants inscrits sur ces listes, comme nous l’explique Lisa :

« En fait j’ai connu le tutorat par Torkiya. Elle m’aidait déjà avant que je ne sois dans son groupe. Elle m’a dit que ce serait bien de m’ajouter au groupe de tutorat de manière officielle. » 

Le tutorat est donc également ouvert aux volontaires, dans la limite des places disponibles, qui est rarement atteinte.

Qui sont les tuteurs ?

Les tuteurs sont étudiants en 3e année de licence de droit ou de bi-licence. Ils sont sélectionnés sur dossier.

« On doit envoyer un CV et une lettre de motivation. Le critère le plus important c’est qu’il faut avoir près de 12 de moyenne minimum, en cumulant la 1re et la 2e année. La différence se fait ensuite sur la lettre de motivation. J’ai des amis qui ont postulé et qui n’ont pas forcément été pris. Je pense qu’il y a quand même beaucoup de monde qui postule. » Nous explique Torkiya.

Les tuteurs ne sont pas livrés à eux-mêmes. Si ce sont bien eux qui construisent leurs séances de tutorat, ils travaillent étroitement avec leurs enseignants.

« On a des réunions avec les tuteurs et les professeurs pour faire le point, toutes les deux semaines. […] Chaque tuteur donne son point de vue sur son expérience. Pour expliquer les difficultés des élèves et que les professeurs puissent en parler aux chargés de TD ou voir s’il y a des points qui n’ont pas été compris. »

Les tuteurs et tutrices comme Torkiya, permettent donc aussi au corps enseignant de mieux cerner les difficultés des étudiants.

Comment fonctionne le tutorat ?

Les tuteurs et tutrices sont en charge d’un groupe de 16 étudiants maximum, généralement moins. Les étudiants sont tous issus du même groupe de travaux dirigés. De ce fait, ils étudient tous les mêmes sujets au même moment. Ce qui permet un accompagnement mieux adapté à leurs besoins.

Les séances durent entre 2 heures et 2 heures 30 et ont lieu une fois par semaine. Les tuteurs et tutrices se montrent également disponibles en dehors de ces séances, pour apporter une aide plus individualisée.

« Les tutorés n’hésitent pas à m’envoyer des messages dans la semaine pour me demander de l’aide. Est-ce que tu peux relire mon plan ? M’aider sur ma dissertation ? Ils me proposent aussi des séances. Sachant que le tutorat n’est pas obligatoire, je pars du principe que s’ils me le demandent… c’est que ça leur apporte quelque chose. »

Une transmission d’expérience avant tout

À la différence des cours et travaux dirigés, le tutorat se veut un cadre de partage d’étudiants à étudiants. L’occasion pour les nouveaux de bénéficier de l’expérience de leurs tuteurs.

« J’ai eu les mêmes problèmes en L1 (1re année), j’ai galéré avec la méthodologie comme eux. Donc je sais où sont les difficultés. C’est ça qui est bien dans le fait de ne pas être professeur : les tutorés savent qu’on a été à leur place, ça facilite le contact. On a la méthodologie, parce qu’on a plus de bagage vu qu’on a plus d’années d’études. Se focaliser sur les choses avec lesquelles je n’étais pas à l’aise, parce que ce sont les mêmes qu’eux.»

Une impression confirmée par Lisa, pour qui le tutorat est aussi un moyen d’acquérir de bonnes méthodes de travail :

« Ce qui est bien avec le tutorat c’est que tout seul, en 1re année, on ne pense pas à réviser ou alors on ne le fait pas assez bien. On n’a pas la bonne méthode de révision. Du coup un tuteur ça nous motive, ça nous encourage à travailler régulièrement. ».

Un facteur d’intégration à l’université

L’arrivée dans ce nouvel environnement qu’est l’université peut parfois être déstabilisante. Entre les amphithéâtres de plusieurs centaines d’étudiants et les horaires de cours plus décousus qu’au lycée, il est parfois difficile de s’intégrer à l’environnement universitaire. Les étudiants en tutorat retrouvent, lors de ces séances, les mêmes camarades qu’ils fréquentent déjà en travaux dirigés. Torkiya, la tutrice que nous avons interrogée, remarquent que des liens se sont créés par ce biais.

« Ils sont tous amis. Ils ont créé un groupe facebook, ils se partagent leurs cours, etc. C’est cool parce qu’ils ne connaissaient personne quand ils sont arrivés à la fac et ça a créé un lien entre eux. »

Aide à l’apprentissage de nouvelles méthodes de travail et vecteur d’intégration, le tutorat constitue un véritable atout en 1re année.
Alors, futurs étudiants en droit : pensez au tutorat !