Portrait de Joyce Loe-Mie Dechamp

L’ONISEP-Guyane part à la rencontre de Madame Joyce DECHAMP, Psychologue clinicienne et de la Santé à Cayenne.
Joyce Loe-Mie Dechamp

 

Loe-Mie Dechamp                                                     

Joyce

41 ans  

Commune de Cayenne

Psychologue Clinicienne et de la Santé

 

Parlez-nous de votre profession ...

Mon métier de psychologue me ravit chaque jour. C’est une profession qui s’adapte à de nombreuses populations et qui permet de nombreux type d’actions. Je peux faire des entretiens cliniques, être en passation de tests, en mise en place de thérapie, être responsable de projet, formatrice, mettre en place des actions de prévention, animer un groupe de parole, animer une réunion d’équipe, …  Chaque jour est différent et formateur. 

 

Présentez-nous l'entreprise dans laquelle vous évoluez ...

Actuellement je travaille au Centre de Ressources Autisme de Guyane. J’appartiens à une équipe pluridisciplinaire, où :

-       On réalise des diagnostiques complexes de personnes avec une suspicion d‘autisme

-       On fait des actions de sensibilisation/ formation

-       On participe à des actions de prévention

-       On fait du soutien aux équipes prenant en charge des usagers  avec autisme

-       On conseille des parents et personnes concernés par l’autisme

-       Etc.…

 

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Qu’est ce qui vous a donné envie d’exercer cette profession? 

 

Je pense que j’ai été sensibilisée au primaire, par l’arrivée dans ma classe d’une jeune fille handicapée. Face à l’intolérance et le manque d’empathie de beaucoup, mon désir de travailler auprès des personnes en situation de handicap a évolué. J’ai d’abord pensé à exercer le métier d’éducateur spécialisé. Mais par rapport à ma personnalité, le métier de psychologue était plus approprié au type d’aide que je pouvais apporter. 

Qu'appréciez-vous tout particulièrement dans l'exercice de votre profession ? Qu'est-ce qui vous donne envie de revenir chaque matin ?

Le contact avec les personnes que l’on rencontre est constructif. Ce qui se passe dans ce lien m’apporte, autant que j’apporte aux autres. C’est un échange qui fait grandir à chaque fois. Le plus gros point fort de ce métier est la variété des publics et des lieux rencontrés : on peut travailler avec des personnes de tout âge dans tout type de contexte. Ainsi, on ne se lasse pas, on redécouvre, on s’adapte, on avance, on varie, on change… Ce qu’il y a de plaisant également, c’est la multitude d’outils qui sont à notre disposition : entre les tests cognitifs, les échelles d’évaluation, les tests projectifs, les thérapies, … 

 

Quelles sont les exigences de votre métier ?

Avoir une conscience professionnelle, ne pas être dans le jugement et garder une distance nécessaire avec le patient. Faire des remises à niveau, régulières de nos connaissances et de l’actualité des recherches encours.

 

Quelles en sont les contraintes ?

Les études sont longues. 

 

Quelles sont les qualités qu'il est souhaitable de posséder pour s'épanouir dans votre profession ?

Etre à l’écoute, avoir le goût du contact humain, maintenir un équilibre émotionnel, avoir le sens de l’observation, des capacités d’analyse, une bonne prise de recul, faire preuve de discrétion et d’empathie.

 

Quelles sont les évolutions de carrières possibles ?

Eventuellement Directeur de structure de type médico sociale par exemple. 

 

Quel est votre parcours scolaire ? Quelles formation avez-vous suivie ? 

J’ai obtenu un BAC+5. A l’époque il s’agissait d’un DEUG de psychologie (2 ans), une licence (1 an), une maîtrise (1 an) et un DESS « Psychologie Clinique et Santé » (1 an). Aujourd’hui, il s’agirait de faire l’équivalent d’une Licence en psychologie, en sciences sociales, sciences cognitives, … (3 ans) et d’un Master 2 en Psychologie (2 ans). 

 

Quelles qualités/aptitudes avez-vous développées pendant ces années d'études pour réussir à suivre ce cursus/cette formation ?

C’est un métier où l’on doit être passionné. On ne s’improvise pas psychologue. Il faut être curieux et chercher à approfondir ses connaissances par un travail individuel (lectures) dans un 1er temps. Puis apprécier le travail de groupe dans la réalisation des travaux communs. Etre vif d’esprit et créatif. S’investir en parallèle dans le monde associatif touchant les domaines qui nous intéressent (Sida Info Service, Association en faveur des personnes âgées, Association en faveur des maladies chroniques, ou autres, selon nos centre d’intérêts) peut être un atout certains pour nous permettre de rencontrer des personnes en situation de demande d’aide et commencer à se poser de réelles questions. 

Conseilleriez-vous le parcours scolaire/de formation que vous avez suivi ? Si non, lequel vous parait le plus adéquat ?

C’est le parcours le plus commun et accessible. Après je pense que le parcours de formation en école privée est peut être plus soutenu avec un contenu plus concret et peut être un meilleur suivi des enseignants. Mais à vérifier. Quand on fait ses études de psychologie à l’Université, je pense qu’on est relativement livré à soi même et si on n’est pas rigoureux, on peut facilement perdre pied. 

 

Quelle est la difficulté majeure que vous avez rencontrée pour accéder à ce métier ?

La recherche de stages afin de valider les dernières années reste une problématique. Dans ce domaine, où on travaille avec de l’humain, il reste difficile d’être accepter sur un terrain de stage. A juste titre, introduire un stagiaire dans une relation de prise en charge souvent duelle, avec une personne en difficulté est « compliquée ».

 

Quelle est la plus grande leçon que vous avez apprise dans le cadre de votre profession ? 

Face à la détresse que l’on rencontre, j’ai appris « l’humilité ». 

  

Que conseilleriez-vous à un étudiant/lycéen qui souhaiterait à terme, exercer votre profession ?

Je l’encouragerais à y aller les yeux fermés car c’est un métier magnifique où l’on apprend chaque jour autant des savoirs faire que des savoirs être. Mais je conseillerais surtout de profiter de chaque année d’étude pour approfondir les thématiques, car maintenant que je suis sur le terrain, je regrette de ne pas avoir donné assez d’importance à tel apprentissage ou tel autre et il me reste quelques questions en suspends. 

 

"Voyage dans le futur", je vous interview en 2025… A quoi ressemble votre vie professionnelle ?

Dans une dizaine d’années, je m’imaginerais bien en responsable de projet, à la tête d’une équipe de thérapeutes. On a tant à innover dans le monde de la prise en charge. Re-booster notre créativité pour fournir des services au plus proche des attentes des usagers, mais sous des formes nouvelles.

 

Une petite anecdote personnelle liée à votre formation, votre parcours professionnel ou votre profession ? 

Quand j’ai eu mon 1er poste, je suis allée en réunion avec mon collègue assistant social et la présidente de séance se tourne vers lui et lui demande : « Vous ne deviez pas venir avec la nouvelle psy ? »… Il me regarde et lui répond : « Oui, c’est elle », et elle de s’excuser pensant que j’étais une stagiaire !

Je pense que l’on a encore une image du psychologue : âgé, avec des lunettes et des cheveux grisonnants, portant des vêtements stricts et classiques. Alors quand on arrive après nos études, il ne faut pas se cacher, de peur, de honte ou d’incertitude, de ne pas coller à cette image et aux préjugés… nos compétences et nos savoirs nous sont propres et on doit les mettre rapidement en avant et ne pas perdre de crédibilité ;-)

 

Merci Joyce pour ce portrait !

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