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Je suis la seule fille / le seul garçon de ma classe

Des élèves de lycée professionnel et des apprenties en CFA qui suivent une filière où ils et elles sont sous-représenté-es témoignent de cette expérience particulière.

Adeline 18 ans (A), Célia 16 ans (C), Laura 16 ans (L)

Ce sont les filles en 1ère année de CAP peinture, pour une classe composée également de 14 garçons.

image peintre

 

Comment s’est fait ce choix d’orientation ?

A : Pour moi, c’est une copine qui m’en a parlé, elle a fait un bac pro peinture (aménagement et finition du bâtiment), elle m’a décrit ce qu’elle faisait et ça m’a convaincue !
C : Alors que moi c’est au travail de mon père menuisier (électricité, carrelage dans le bâtiment) que j’ai pu observer ce qu’il faisait et ça m’a donné envie !
L : En fait, il y a une bonne ambiance, malgré le fait qu’il y a plus de garçons mais bon, on est là et ça évite que les garçons fassent trop de bêtises.
C et L : des fois, ils sont un peu énervants mais bon on s’aide entre nous !

Comment ça se passe avec les garçons ? Avec les filles ?

A : Il n’y a pas de machisme, on a la même tenue de travail (un bleu) et les enseignants (ce sont des hommes),
c’est pareil ils ne font pas la différence entre les filles et les garçons. C’est un milieu intéressant et pas que pour les garçons ! Même si parfois pour porter des matériaux lourds les garçons nous aident à porter !
C et L : C’est quelque chose qu’il faut essayer et puis il y a une bonne ambiance entre filles.

 

David

 

16 ans, en terminale service aux personnes et aux territoires

image puériculteur

Comment s’est fait ce choix d’orientation ?

C’est par l’intermédiaire de ma mère car elle travaille dans ce domaine et j’ai été bénévole dans plusieurs structures, ça m’a plu. Par la suite, j’ai réalisé plusieurs stages avec des aides médico-psychologiques (AMP) qui m’ont donné envie de faire la formation.
Déjà en CAP petite enfance j’ai eu l’occasion de suivre des stages dans différentes structures avec des publics très variés : malades d’alzeimer, jeunes handicapés, petite enfance….
En terminale, je vais suivre d’autres stages notamment avec des personnes souffrant de handicap que l’on doit aider physiquement et mentalement.

Comment ça se passe au quotidien ?

Personnellement je suis le seul garçon motivé pour ce métier et ça me plait beaucoup. Je m’entends bien avec les filles. En fait, c’est accessible à tous.
Si je devais donner un conseil aux jeunes ? surtout ne pas hésiter si la formation plait, il faut s’engager !

 

Ophélie

 

En 1ère bac pro pilote de ligne de production au CFAI site de Reims

image opératrice

 

Vous êtes nombreuses dans votre établissement ?

Le Pôle Formation des Industries Technologiques de Champagne-Ardenne (CFA de l’Industrie) compte 40 filles pour environ 788 apprentis ! Alors, nous essayons de promouvoir la féminisation des formations, en étant comme aujourd'hui présentes pour recevoir le public à nos portes ouvertes (les prochaines auront lieu les 13 et 14/02/2015). On montre que les études professionnelles en industrie sont aussi possibles pour les filles. C'est une façon de lutter contre les idées reçues, les clichés.

Pourquoi cette démarche ?

Les formateurs comme les entreprises se rendent compte que la mixité apporte une meilleure ambiance de travail. Et en tant que filles, du fait de notre plus fine constitution, nous accédons parfois mieux aux pièces intérieures des machines, et puis, c'est important que les autres filles réalisent qu'elles peuvent faire autre chose que s'occuper des bébés ou être assises dans un bureau !

Vous avez trouvé un employeur facilement ?

Oui, comme je viens de l'expliquer, ça peut être un atout d'être une fille pour entreprendre une formation industrielle, à condition de montrer qu'on est motivée ! Mais ça vaut pour un candidat garçon aussi.

Comment ça se passe avec les garçons en atelier ou dans l'entreprise ?

Ca se passe très bien. Les plus âgés se comportent un peu en père et même les plus jeunes, dans la classe par exemple, ont tendance à vouloir nous protéger. Et puis, la mixité est toujours positive pour l'ambiance de la classe.

Quelles sont les contraintes pour suivre une formation du secteur industriel ?

On doit porter une tenue adaptée aux activités et au contexte. C'est sûr qu'on ne va pas arriver en jupe courte, on ne serait pas crédible. (ce qui n'empêche pas Ophélie d'être maquillée et de porter des bijoux)

Vous préparez le bac cette année et après, quels sont vos projets ?

Je voudrais préparer le BTS maintenance industrielle, mais tout dépendra de mon niveau. Si mes résultats ne sont pas suffisants pour être admise directement, je préparerai le bac pro maintenance des équipements industriels en 1 an avec le dispositif Tremplin  pour être plus assurée d'être prise dans ce BTS.

 

Marion

 

En BTS maintenance des systèmes (ex maintenance industrielle) 2°année, 22 ans au CFA académique site de Romilly

 

Mes activités sont très variées et différentes selon l’endroit où elles se déroulent. Ainsi en cours  (en enseignement général et professionnel) je procède à des analyses fonctionnelles et structurelles,  je fais de la mécanique, du  génie électrique et automatisme (cours et TP).
D’autre part, dans le stage d’ entreprise (Epernay) je travaille dans le service habillage où je fais de la maintenance préventive et corrective mais je n’interviens pas seule, en tant qu’apprentie.  Je suis toujours sous la responsabilité d’un salarié de l’entreprise.

J’ai aussi un tuteur attitré que l’entreprise m’a attribué mais c’est surtout pour régler l’aspect administratif.
En fonction de ce qui est planifié  à l’avance un salarié est responsable de mon activité au moment où j’interviens et est en mesure d’intervenir le plus rapidement possible, si besoin.

Le fait d’être une femme n’est pas un problème, au contraire : de plus, la nouvelle loi sur la parité (en août  2014 : égalité réelle entre hommes et femmes dans la vie professionnelle) est appliquée dans cette entreprise et depuis longtemps.
Je suis très bien intégrée dans l’équipe même si je suis  une femme (équipe de 6 personnes).  Alors bien sûr quand on doit faire de mécanique « dure » je demande de l’aide, à cause du poids, mais c’est tout !
J’ai le plaisir d’avoir dans cette équipe la seule fille réellement embauchée en maintenance dans l’entreprise.

En conclusion, j’apprécie autant de suivre les cours  que le travail en entreprise d’autant qu’il est possible qu’en cas de réussite à mon diplôme je puisse me faire embaucher !

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