Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

Rencontre avec la classe de 2nde bac pro technicien en appareillage orthopédique du lycée Hippolyte Fontaine de Dijon

Bac pro technicien en appareillage orthopédique

Après 3 années passées au lycée, les élèves de cette section professionnelle pourront devenir techniciens en appareillage orthopédique et exercer dans le secteur de ortho-prothèse.

classe

Mais en quoi consiste ce métier ?

Les techniciens en ortho-prothèse réalisent des prothèses (pour remplacer un membre) et des orthèses (pour corriger une déficience).

Son but : compenser les handicaps et redonner aux patients leur autonomie.

Permettre à un unijambiste de marcher ou à une personne privée de bras d'écrire, voilà ce qui les motive. Ces techniciens sont des spécialistes des prothèses (appareils remplaçants un membre amputé ou absent) et des orthèses (appareils suppléants une déficience osseuse, musculaire ou neurologique).

Dans un centre de rééducation ou d'appareillage, dans une entreprise artisanale ou, plus rarement, à l'hôpital, ils travaillent sur prescription médicale. C'est sur les indications de cette dernière qu'ils fabriquent et adaptent les prothèses et orthèses, en relation étroite avec le patient.

Ainsi, ils fabriquent, montent et ajustent eux-mêmes les appareils. Des compétences en mécanique et en travail des matériaux (bois, cuir, acier, résine, fibre de verre ou de carbone) sont indispensables. Pour s'installer à son compte comme orthoprothésiste, il faut être titulaire du BTS et avoir 3 ans d'expérience.

Le profil des candidats

élèves

Cette formation est ouverte prioritairement aux élèves issus de la classe de 3e. Elle peut être accessible aux titulaires d’un CAP orthoprothésiste ou podo-orthésiste.

Des compétences comme "être manuel", "être rigoureux, précis", "avoir l’esprit d’équipe", "être à l’écoute"  sont requises pour entrer en formation.

Enfin, un bon niveau en technologie, mathématiques et SVT sont indispensables.

 

 

Les formations et les diplômes

Après la 3e :

- 2 ans pour préparer le CAP orthoprothésiste, ou un CAP du domaine de la mécanique ou des matériaux, pour devenir ouvrier ou ouvrière de fabrication ;

- 3 ans pour le bac pro technicien en appareillage orthopédique, secteur de l'orthoprothèse qui permet d'occuper le poste de technicien ou de technicienne.

Et après mon bac professionnel ?

Technicien qualifié, il est possible de s’insérer sur le marché de l’emploi en tant que responsable d’atelier, technicien qualifié en production, collaborateur technique de l’orthoprothésiste ou du podo-orthésiste…

Envie de se spécialiser et d’acquérir de nouvelles compétences, il est possible de continuer sa formation en BTS prothésiste-orthésiste à Valence, Alès, Angers, Paris et Castres ou en BTS podo-orthésiste à Paris et Valence.

3 ans pour obtenir le  BTS prothésiste-orthésiste, indispensable pour concevoir des prothèses à partir d'une prescription médicale.

animation_ortho

 

 

Rencontre avec Bastien, Loan, Lucie et Mathéo, élèves en 2de  bac pro technicien en appareillage orthopédique (TAO)

Ce diplôme forme à la réalisation des appareillages de compensation (orthèse) ou de remplacement (prothèse) d’une partie du corps.

Comment êtes-vous venu à cette formation ?

Bastien

C’est ma sœur qui m’a parlé de cette formation. Ça m’a plu car c’est une formation manuelle et cela me correspond. Ça m’a intéressé aussi parce que c’est destiné à réaliser des objets uniques, utiles et pour des personnes qui ont besoin d’être soutenues. Le fait d’apporter une aide aux autres est important pour moi. Je ne le regrette pas car c’est une bonne formation. Nous sommes peu nombreux et il règne une bonne ambiance. C’est agréable de travailler en équipe. La formation est partagée entre les cours généraux traditionnels : maths, français, etc et les cours professionnels, c’est-à-dire de la pratique, de la théorie technologique et de la podo-orthèse. Pendant l’année de seconde, nous avons des périodes de stages en entreprise.

Loan

J’ai moi-même porté des corsets, je sais donc ce que cela fait et l’importance que cela a. J’ai souhaité faire cette formation pour aider les personnes. Je n’avais pas d’autre choix en vue, c’est vraiment ce que je souhaitais faire. De plus, j’ai pu faire un stage en 3e dans ce domaine et cela m’a vraiment confortée dans cette idée. Je suis venue aux journées portes ouvertes et même si je n’ai pas pu voir tout le matériel cela m’a beaucoup intéressée, notamment grâce aux documents qu’on nous a donnés.

Lucie

Dans ma famille nous avons des personnes amputées et qui portent des prothèses. J’avais également envie d’aider les personnes en difficulté.

Lucie et Loan

C’était vraiment notre idée de venir dans cette voie et nous n’avions pas vraiment prévu d’autre choix.

Mathéo

Mon stage de 3e ne m’a pas vraiment plu, j’ai donc décidé de me pencher plus en détails sur mon orientation. J’ai découvert ce bac pro et celui-ci m’a interpellé. Au niveau des poursuites d’études, j’ai pu y voir de nombreuses possibilités comme par exemple le domaine du sport, domaine qui m’intéresse particulièrement.

Quels élèves étiez-vous avant ?

Bastien

Je viens du collège Victor Considérant à Salins-les-Bains, dans le Jura.

Lucie

Moi ce que je préférais c’était l’allemand, même si je ne poursuis pas cette langue en 2nde professionnelle.

Mathéo

 

Pas de problème en 3ème même si je préfère la pratique aux enseignements généraux.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette formation ?

Bastien

 

Je suis surtout intéressé par la pratique. Par exemple, j’aime poncer et râper le moulage en plâtre, qu’on appelle aussi le positif. J’aime passer l’EPE (le polyéthylène) dans le four pour le thermoformer et j’aime aussi les phases de découpe et de finition. Si c’était possible, j’aimerais qu’il y ait encore plus de pratique dans la formation.

Lucie et Loan

 

Nous aimons le côté pratique et manuel. Nous avons 2 heures de théorie et 5 heures de pratique par semaine.

Ce qui est intéressant, c’est de savoir comment les choses se font, comment on réalise tous ces objets.
En pratique on a commencé par faire des bottes de nuit, un releveur de pied et aujourd’hui nous sommes en train de réaliser un tuteur de pied.
La botte de nuit, c’est pour les personnes qui se sont fait opérer de la jambe, de la cheville ou qui ont certaines pathologies. C’est pour éviter que le lendemain les personnes n’arrivent plus à remarcher à cause des malpositions nocturnes lorsque les muscles se contractent.
Le releveur de pied lui permet de maintenir le pied à angle droit.
Nous avons également des cours de connaissances médicales, connaissances sur le corps humain, sur la prévention santé et environnement (PSE). Nous apprenons aussi la communication technique. On apprend à faire des dessins sur des ordinateurs, à avoir différentes vues du matériel. Nous faisons des plans d’appareillage, en indiquant les matériaux, les mesures... Le but, c’est qu’à partir d’un plan de fabrication ou d’une fiche nous puissions faire nous même les appareils.

Nous réalisons aussi des gabarits en plâtre, par exemple nous réalisons des moulages de nos jambes. Exemple avec les bottes de nuit, nous faisons un moulage car après nous avons du plastique à thermoformer. Souvent, nous fabriquons 2 gabarits et nous nous servons tous de ces modèles.

C’est une classe agréable où nous nous entendons tous bien, étant peu nombreux nous nous entraidons tous. Le plus, c’est vraiment la pratique !

Mathéo

 

Ce qui me plaît beaucoup dans cette formation est le côté pratique avec, par exemple, les ateliers qui nous permettent vraiment d’acquérir un savoir-faire pour la fabrication des différentes prothèses. En effet, il existe toutes sortes de fabrications à adapter en fonction du handicap de la personne. On apprend également à développer certaines compétences comme la minutie, la patience, la précision qui sont particulièrement importantes pour la réalisation de ces différentes créations. La partie théorique est également importante.

Qu’est-ce qui vous plaît le moins dans cette formation ?

Bastien

 

Je suis moins intéressé par les cours théoriques.

Lucie et Loan

 

Rien ne nous déplait mais ce qui est difficile ce sont les vues 3D en communication technique. Nous avons du mal à nous projeter et à imager la 3D. C’est le début, avec le temps cela deviendra plus facile, notamment grâce à l’ordinateur. En laboratoire cela dépend des appareils que nous réalisons, il y en a des plus durs que d’autres, certains demandent plus de force. D’ailleurs celui que nous venons de terminer était beaucoup plus difficile à faire car il est complétement en acier. Il faut de la force dans les bras car parfois on doit tordre les matériaux à la main.

Mathéo

 

Il n’y a pas vraiment de choses qui ne plaisent pas sauf peut-être que j’aime moins les cours généraux que les cours pratiques.

Et les stages ?

Bastien

 

J’ai effectué un stage dans une entreprise à Besançon. J’ai trouvé ça très intéressant. Cela m’a permis de découvrir de nouvelles machines et des techniques que je ne connaissais pas. J’ai même pu assister à l’essayage d’un corset sur un patient.

Lucie et Loan

 

Pour l’instant nous avons effectué 2 semaines de stages sur les 6 que nous devons réaliser en seconde. Lors de nos stages nous avons pu voir plus de choses qu’en labo, cela nous permet de découvrir d’autres appareils. Parfois, c’est plus de l’observation et c’est un peu dommage mais nous terminons la fin d’année avec nos 4 semaines de stages cela nous permettra de voir encore plus d’appareils.

Pouvez-vous nous décrire le processus de production en quelques mots ?

Bastien

 

D’abord, on doit réaliser le positif en plâtre. Pour cela, on pose des bandes plâtrées pour prendre la forme du membre. On découpe au milieu puis on referme et consolide avec des bandes. Cela constitue le moule que l’on va ensuite remplir de plâtre liquide. Lorsque le plâtre est sec, on gratte et on lisse pour s’approcher au plus près de la forme du membre. Avec un four, on chauffe une plaque d’EPE. On met un jersey sur le positif en plâtre afin que l’EPE chauffé, ne colle pas. C’est à ce moment qu’on peut thermoformer l’EPE sur le positif. Lorsque c’est refroidi, on ponce et on râpe pour obtenir la forme du membre avec précision, puis on polit les bords afin cela soit bien lisse. C’est alors que l’on peut installer les velcros et les rivets. Les outils que nous utilisons le plus régulièrement sont donc, le mètre et mètre ruban, le marqueur, la râpe pour le plâtre, les lunettes de ponçage, les griffes pour tordre le métal, la scie à métaux. Au niveau des machines, nous utilisons les ponces, la ponce circulaire en particulier. Il y a des phases plus difficiles que d’autres. Par exemple, Le  travail du métal à froid, est intéressant, mais compliqué. C’est difficile de le tourner, de le tordre pour aboutir à un résultat comme le modèle sur le papier. C’est la phase la plus physique. Il faut également, d'une manière générale, être minutieux et très prudent.

Quelles sont les évolutions dans ce métier ?

Bastien

 

On a de plus en plus recours aux outils numériques, par exemple pour scanner un membre du corps. Ensuite, la machine sculpte elle-même le positif dans une matière plus légère que le plâtre. On n’a plus qu’à peaufiner et consolider le positif avant de passer à la phase de thermoformage.

Comment vous projetez-vous dans l’avenir, dans votre vie professionnelle ?

Bastien

 

Après le bac pro qui est très axé sur la pratique, je ne m’inquiète pas vraiment pour être embauché en tant que salarié. Si je m’arrête au bac, je travaillerai en atelier. Mais, j’aimerais intégrer un BTS prothésiste-orthésiste dans le but de me mettre plus tard, à mon compte. Car ce que j’aime avant tout, c’est la relation avec le patient. Dans l’idéal, j’ouvrirai un cabinet dans une ville pas trop grande afin de constituer ma patientèle sans trop subir la concurrence. Et si ce n’est pas possible, alors pourquoi pas devenir podologue. Mais l’inconvénient d’être podologue c’est que cela concerne uniquement le pied, alors que je m’intéresse à tout le corps. Je ne souhaite pas me limiter qu’à un seul membre parce que c’est plus intéressant lorsque ça change. J’aimerais aussi pouvoir fabriquer des objets différents, c’est-à-dire, à la fois des prothèses destinées à remplacer un membre et des orthèses qui elles, corrigent un membre.

Lucie et Loan

 

Dans une petite entreprise, cela permet de faire un peu de tout et de réaliser différents appareillages.

Nous ne souhaitons pas travailler dans une grosse structure où nous devrions faire toujours la même chose. Mais nous, notre souhait, c’est de continuer en BTS. Il permet d’aller voir directement le patient, on peut l’examiner pour établir une fiche de mesure et un cahier des charges nécessaires à la fabrication de l’appareil. C’est nous qui réaliserons la prise d’empreinte ou le moulage, la conception, la réalisation puis les essayages.

Mathéo

 

Pour l’instant j’ai plusieurs projets en tête : j’aimerais voyager dans le monde afin d’apprendre différentes techniques, me mettre à mon compte et essayer aussi de travailler dans le domaine du sport. C’est toutes ces choses qui me tiennent à cœur et si je peux aider un maximum de personnes ça me va. Dans tous les cas je compte continuer en BTS, en alternance de préférence si cela est possible.

Un conseil ?

Lucie et Loan

 

Il faut vouloir le faire, il faut être passionné et savoir pourquoi on veut faire ce bac pro. Attention il faut également être manuel ! Ce n’est pas un bac pro que l’on va faire parce qu’on ne sait pas ce que l’on veut faire en fin de 3e ! Et surtout, il faut avoir envie d’aider les autres.

Mathéo

 

Le conseil que je pourrais donner aux élèves de 3ème qui souhaiteraient intégrer cette formation est de prendre son temps sur son orientation. Pour entrer en bac pro il faut être sûr de son choix !

La patience et la minutie sont des qualités à posséder !

Rencontre avec un professionnel intervenant en 2de professionnelle technicien en appareillage orthopédique (TAO)

 

Prof

Quel est votre parcours ?

Après avoir exercé différents métiers, j’ai commencé à travailler dans l’orthopédie à la fin des années 1980. Dans une première entreprise, j’ai appris le métier : d’abord en atelier pendant deux ou trois ans, puis sur le terrain par exemple, pour faire des moulages de corsets dans les hôpitaux. J’ai passé ce qu’on appelait les agréments car à l’époque, il n’existait pas de BTS. Puis, j’ai intégré une autre entreprise qui après quelque temps souhaitait vendre le service d’orthopédie. Le directeur m’a proposé de racheter le service. Ma femme et moi avons longtemps hésité, puis on s’est lancé, on a repris le service ! Alors, on a commencé avec un employé, puis deux employés, etc. Et ça fait dix-sept ans que ça dure ! Et maintenant, je pense que dans les deux ans à venir, je vais partir en retraite. Mais il faudra que je vende l’entreprise.

Quels sont les débouchés à la formation ?

C’est un examen qui permet de travailler en atelier. Certains travaux et certaines techniques ne sont pas enseignés. Tout ce qui concerne les empreintes, les mesures sur les patients, c’est envoyé aux ateliers où l’appareillage va être réalisé. Mais ce sont les titulaires de BTS qui réalisent également les essayages. Tout ce qui concerne le patient, c’est-à-dire, la prise d’empreinte, la prise des mesures, l’essayage, etc.,  est réalisé par les titulaires du BTS. Tout ce qui se rapporte à la construction de l’appareillage en atelier est dévolu aux titulaires du bac professionnel. Il faut emmagasiner beaucoup de connaissances théoriques et  techniques. Les élèves peuvent aussi se tourner vers la podologie, mais c’est un métier très différent. C’est produire des chaussures orthopédiques, des semelles, etc. Cela concerne uniquement le pied. Mais là aussi, c’est trois ans de BTS après le bac professionnel.

Quelles sont les principales qualités pour entrer dans cette formation ?

Il faut d’abord être manuel et patient. Car la construction d’un appareil demande beaucoup de précision et de minutie. En trois ans, vous apprenez à travailler le plâtre, le métal, le plastique, la mousse, parfois même le bois et on apprend le thermoformage. C’est une formation complète. Pour celui qui a le goût et le don du travail manuel, c’est une belle formation, c’est un beau métier.

Quelles sont les perspectives d’emploi ?

C’est assez facile d’être embauché en atelier. Par exemple, sur Dijon et dans le reste de la région, il y a des grosses entreprises. C’est malheureusement de plus en plus difficile pour ceux qui souhaitent monter leur entreprise, car les grosses entreprises occupent le marché et étouffent les petites boîtes. Mais sinon du travail oui, il y en a. Par exemple, auprès des handicapés lourds à la Croix Rouge Française qui est aujourd’hui à Messigny-et-Vantoux, ou auprès des centres de rééducation fonctionnelle dans les CHU pour lesquels on produit des appareillages pour handicapés à destination par exemple, des amputés ou pour d’autres. Il reste aussi du travail pour les particuliers. Eux, ils peuvent faire appel à vous pendant des années, quinze ans, vingt ans ou plus. Il s’installe parfois une relation amicale avec ces personnes.

Quelles sont les évolutions en cours dans ce métier ?

Avant tout, les matériaux ! Autrefois, un positif de corset en plâtre pesait très lourd. Par exemple, aujourd’hui, avec un scanner, la machine produit des positifs en résine, en carbone, en kevlar. Bref, des matériaux beaucoup plus légers ! On n’a plus qu’à faire les finitions avant le travail de thermoformage. À partir du scanner et des mesures, une même machine peut faire un corset, une minerve, une cuisse, etc.

 

N’hésitez pas à venir voir cette formation au lycée !

Quel programme pour ce bac pro (source dico des formations de la voie professionnelle) :

Les enseignements professionnels permettent d’appréhender des matériaux divers (bois, métaux, plâtre, cuir, plastique) et d’acquérir les techniques d’usinage, d’ajustage, de moulage...

La formation aborde la gestion d’un atelier : planification et répartition des tâches, gestion des commandes et des stocks, maintenance des appareillages et des outils de production, contrôle qualité et encadrement d’équipe.

L’économie-gestion, la prévention-santé-environnement, la maîtrise des outils informatiques et les connaissances médicales sont explorées de manière transversale.

 

À lire aussi

Sur le même sujet

Plus d’info sur le métier : 

Fiche métier Orthoprothésiste