La scolarisation en établissement médico-social des élèves handicapés

Les EMS (établissements médico-sociaux) accueillent à partir de 6 ans, parfois dès 3 ans, des enfants nécessitant une prise en charge éducative et thérapeutique. Une équipe pluridisciplinaire y assure soins et formation au plus près des besoins des enfants, qui suivent une scolarité dans le cadre des unités d'enseignement.

En établissement médico social

Soins et formation

Les établissements du secteur médico-social accueillent les élèves handicapés dans le cadre du PPS (projet personnalisé de scolarisation). Ils assurent à la fois les soins et rééducations, l'apprentissage scolaire et la formation professionnelle ainsi que l'apprentissage de l'autonomie. Pour la plupart gérés par des associations, ils sont souvent spécialisés dans un type de handicap ; les frais de séjour sont assumés par la sécurité sociale.

Un accompagnement adapté

Selon le handicap pris en charge, les appellations des établissements diffèrent :

  • les IEM (instituts d'éducation motrice) pour les jeunes handicapés moteurs ;
  • les IES (instituts d'éducation sensorielle) pour les jeunes handicapés auditifs ou visuels ;
  • les ITEP (instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques) pour les jeunes présentant des troubles du comportement ;
  • les IME (instituts médico-éducatifs)pour les jeunes présentant des troubles importants des fonctions cognitives ou des troubles envahissants du développement.

Une équipe pluridisciplinaire

L'équipe éducative est pluridisciplinaire et comprend toujours un médecin spécialiste du handicap concerné, auquel s'adjoignent, selon les besoins, infirmier, kinésithérapeute, psychomotricien, orthophoniste, ergothérapeute, psychologue, aide médico-psychologique, éducateur et enseignant spécialisé.

Une séance de psychomotricité

Photos : Floriane Pouzol / ONISEP

L’IEM (institut d’éducation motrice)

Un institut d’éducation motrice

L’IEM de Noisy-le-Grand reçoit des adolescents atteints d’un handicap moteur ou polyhandicapés en internat ou semi-externat. L’institut leur assure une scolarité adaptée et un accompagnement médico-social.

Un rendez-vous hebdomadaire

Un rendez-vous hebdomadaire

Gwendoline y est psychomotricienne depuis près de 5 ans. Elle reçoit les patients du centre pour un travail de rééducation ou de thérapie psychomotrice. Une fois par semaine, Alexandre, 15 ans, a rendez-vous pour une séance de yoga.

Le point CV

Le point CV de Gwendoline Chemin

  • Titulaire d’un bac S
  • Diplôme d'Etat de psychomotricien
  • Ses atouts : un stage en neurologie adulte et un autre en maison d’accueil spécialisée qui reçoit des adultes polyhandicapés
Retrouver sa place

Retrouver sa place

Au cœur des séances : l’accompagnement psychique du patient dans la perception de son corps et de son handicap. A travers divers exercices, la psychomotricienne cherche à lui procurer une plus grande aisance gestuelle et une sensation de bien-être corporel.

Sortir de sa coquille

Sortir de sa coquille

"Le fauteuil devient vite un prolongement du corps pour les personnes présentant un handicap moteur. Il est important que certaines séances se fassent en dehors. Alexandre éprouve ainsi les vraies délimitations de son corps. Cela implique pour lui une tout autre manière d’appréhender son environnement."

Une chose à la fois

Une chose à la fois

"Alexandre est un garçon très actif et volontaire. Il participe à de nombreuses activités à l’institut. Il est très bavard et toujours dynamique lors des ateliers. Mais il a parfois du mal à canaliser son énergie… C’est difficile pour lui de rester concentré car il est déjà en train de penser à la suite de son planning."

Objectif détente

Objectif détente

"En parallèle des séances collectives de psychomotricité, j’ai entrepris avec lui des séances de relaxation. Pour lui apprendre à focaliser son attention, à gérer sa respiration et son hyperactivité."

Une séance sans artifices

Une séance sans artifices

Une fois n’est pas coutume, les ballons, cerceaux et autres jeux de société restent au placard. L’activité psychomotrice que propose Gwendoline à son jeune patient est dénuée d’outils de médiation. Rien ne doit venir détourner l’attention d’Alexandre.

Retrouver sa place

Occuper l'espace

La relaxation passe aussi par un travail sur l’amplitude des mouvements. Plusieurs postures de yoga sont particulièrement adaptées pour redonner à Alexandre la pleine conscience de l’espace que son corps occupe.

Le corps comme acteur

Le corps comme acteur …

En sollicitant le déploiement des membres supérieurs, Gwendoline évite également qu’ils se recroquevillent et se raidissent.

Dialoguer tu devras

Dialoguer tu devras…

Malgré l’ambiance zen, le silence n’est pas de mise. Gwendoline s’assure toujours de susciter une discussion. "Alexandre me raconte sa vie à l’institut. Comment il se sent, quelles activités lui plaisent… Ces échanges sont essentiels pour la construction du projet de prise en charge de chaque patient."

Fin de séance

Fin de séance

 

Le temps de se hisser dans son fauteuil et Alexandre est déjà en route vers de nouvelles activités….

Plusieurs modes de scolarisation

La scolarisation des élèves peut être assurée à l'intérieur de l'institut, au sein d'une unité d'enseignement, par des professeurs des écoles spécialisés détachés de l'Éducation nationale.

La loi sur la refondation de l'école place l'inclusion au cœur des missions de l'école. Dès que possible, une scolarisation dans un établissement ordinaire de proximité est privilégiée. L'élève est alors accueilli en inclusion individuelle, dans une unité d'enseignement délocalisée au sein de l'établissement scolaire, ou dans une Ulis à l'école, au collège ou au Lycée.

Un PPS (projet personnalisé de scolarisation) définit les aides humaines et techniques mises en place pour favoriser la réussite de l'élève.

Dans les établissements médico-sociaux, pour chaque élève, un projet d'accompagnement propre à l'établissement (PIA ou projet individualisé d'accompagnement) prévoit l'enseignement, le soutien et les actions d'éducation adaptés.

L'admission

L'admission est envisagée dans le cadre du PPS et se fait sur notification de la CDAPH (commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées).

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