Corentin : un parcours à suivre

Publication : 16 juin 2020
Première cause de mortalité chez les jeunes, le traumatisme crânien entraîne souvent une rupture dans le parcours scolaire ou professionnel. Victime d’un accident à l’âge de 6 mois, Corentin a aujourd’hui 24 ans et bénéficie du dispositif emploi accompagné. Rencontre avec Corentin et sa mère Anne-Louise.

Un accompagnement au long cours

Atteint de lésions cérébrales sévères, Corentin a eu un accompagnement "sur mesure", à la fois familial et pluridisciplinaire. Il a été l’un des premiers patients du service pour enfants traumatisés crâniens de l’hôpital de Saint-Maurice (94). "Ce service nous a expliqué que seul un accompagnement individualisé, tant thérapeutique que scolaire, serait porteur, explique Anne-Louise. Il est important que parents et professionnels se forment sur la particularité des lésions cérébrales acquises pour en comprendre la complexité." Le projet thérapeutique nécessite une synergie entre tous les intervenants, y compris les assistants sociaux et les éducateurs spécialisés. Simple sur le lieu de rééducation, il est compliqué à mettre en place lors du retour à domicile "Il a fallu trouver des professionnels pour faire la rééducation. A l’époque, ce n’était pas simple. Depuis cela a évolué mais les ressources restent encore insuffisantes."

Scolarisation et orientation

Scolarisé dans un établissement ordinaire, Corentin a bénéficié d’une auxiliaire de vie scolaire (devenu AESH : accompagnant des élèves en situation de handicap) à mi-temps. "J’ai été soutenu par les enseignantes de l’école primaire. Je passais beaucoup de temps en rééducation", précise Corentin. "En Segpa au collège, j’ai suivi une formation en section vente mais je n’ai pas pu poursuivre dans cette voie, étant trop fatigable. Je suis alors entré au lycée de l’EREA de Garches." Là, il a repris la kinésithérapie, l’ergothérapie et l’orthophonie, avec l’espoir de progresser. "J’ai obtenu un bac pro gestion administration et j’ai bénéficié d’un tiers-temps et d’une secrétaire." Tout au long de sa scolarité, il a effectué différents stages, 30 semaines au total, qui lui ont permis de mieux cerner ses capacités et difficultés : chez Kantar média, en gestion et au service courrier, à la Société Générale au classement. Il a ensuite bénéficié du Service d’Accompagnement à l’Insertion de Garches pour monter son projet professionnel et a fait 6 semaines de stage, puis 2 CDD de 3 mois en Ehpad.

Insertion socio-professionnelle

Corentin travaille aujourd’hui comme aide-animateur dans un Ehpad du groupe Orpéa. Embauché à temps partiel, il bénéficie du dispositif d’emploi accompagné. Ce nouveau dispositif permet au travailleur handicapé d’être aidé pour trouver un emploi en milieu ordinaire et le conserver. "Je distribue le courrier, accompagne les personnes d’un endroit à l’autre, leur joue un morceau de piano, organise des temps de gym douce et des activités comme des jeux de société. On discute aussi !" Ces activités visent à favoriser la communication, la socialisation et l’autonomie des personnes âgées. "J’ai le sentiment d’être utile et de faire partie d’une équipe. Ma job-coach me donne des conseils. On réfléchit ensemble à la façon dont je peux mettre ces projets en place. Elle est là surtout pour m’aider à mieux travailler et est aussi en lien avec la Direction de l’Ehpad."

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