Aurélie, ingénieure mécatronicienne

Publication : 1er mars 2015
Femme et spécialiste de la mécatronique, un profil rare, qui conduit aujourd'hui Aurélie Riglet à concevoir une structure robotisée à la pointe des avancées technologiques : un exosquelette qui aidera l'individu à porter une charge sans effort. Coup de projecteur sur les missions au sein de la société RB3D et le parcours de cette ingénieure du futur.

Qu'est ce qu'un "Cobot" ?

Il s'agit d'un robot qui collabore avec l'humain. L'exosquelette en question est constitué d'une structure dorsale supportée par deux jambes mécatroniques qui intègrent des composants mécaniques, des cartes et des capteurs électroniques, le tout contrôlé par un système informatique. L'objectif de cette carapace mécatronique : accompagner les mouvements de l'homme qui en est muni en supportant les efforts à sa place. De quoi faciliter le transport de charges lourdes, notamment des équipements militaires par les soldats. Je développe actuellement les bras qui donneront à l'exosquelette des applications civiles. Il pourra ainsi aider les infirmières à soulever des patients ou les ouvriers du bâtiment à déplacer des parpaings. Ce projet de recherche robotique est financé par la DGA (Direction générale de l'armement)."

En quoi consiste votre rôle de cheffe de projet ?

"Je manage les techniciens de conception et de montage, et je gère les relations avec les partenaires du projet (CEA et l'école d'ingénieurs Esme Sudria) et avec les sous-traitants qui fabriquent les pièces. Ce que j'apprécie tout particulièrement, c'est de participer à toutes les étapes du projet, de la rédaction d'un cahier des charges aux phases de simulation pour m'assurer que l'architecture du robot ne gêne pas les mouvements de l'utilisateur, en passant par la conception et le montage du prototype. Dans les périodes les plus soutenues, les journées sont longues. Mais les phases d'analyse de projet sont plus calmes."

Comment est né votre projet professionnel ?

"C'est lors d'un stage que j'ai effectué dans une entreprise agroalimentaire en 3ème que tout a commencé. J'ai été fascinée par les automatismes qui mettaient de la sauce en sachet. De là est née mon attirance pour la mécanique et l'électronique, qui m'a conduite à opter pour un bac S avec la spécialité la plus technique : sciences de l'ingénieur. Pour ne pas avoir à choisir ensuite entre la mécanique et l'électronique qui m'intéressaient tout autant, j'ai décidé de m'orienter vers la mécatronique qui combine ces deux disciplines et l'informatique."

Y a-t-il beaucoup de femmes dans votre profession ?

"À l'Insa, j'étais la seule fille sur une promotion de 35 étudiants ! Cela s'explique essentiellement par la faible attirance des femmes pour la mécanique et les métiers techniques. Aujourd'hui, il m'arrive encore souvent d'être la seule femme présente dans une réunion. Personnellement, cela ne m'a jamais gênée, mais mieux vaut en être consciente avant de s'engager dans cette voie."

Son parcours de formation

  • Après le bac, intégration de l'Insa Strasbourg : cap sur 5 ans d'études en école d'ingénieurs.
  • Spécialisation mécatronique en cycle ingénieur (à partir de la 3e année).
  • Master recherche en automatique et robotique en parallèle à l'université de Strasbourg.
  • Stage de fin d'études dans un laboratoire de recherche en robotique du CEA (Commissariat à l'énergie atomique).
  • Embauche en CDI au sein de la société RB3D pour collaborer au projet d'exosquelette en partenariat avec le CEA.

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