Les élèves intellectuellement précoces

Comment aménager la scolarité des élèves intellectuellement précoces ?

Scolariser des enfants intellectuellement précoces nécessite quelquefois des aménagements particuliers. De nombreuses solutions sont envisageables en fonction du profil de chacun. Adaptations pédagogiques, saut de classe, classes à double niveaux... le point sur la question.

élèves intellectuellement précoces - Aménagements

Un travail d'équipe

Après la confirmation du diagnostic, le chef d'établissement réunit l'équipe éducative (chef d'établissement, parents, enseignants, psychologue de l'éducation nationale, médecin de l'éducation nationale, référent académique EIP...) afin de prévoir et mettre en place les aménagements les plus appropriés pour l'élève. Des échanges réguliers avec les parents leur permettent d'exprimer leurs difficultés et sont également l'occasion de porter un regard sur les différences de comportement du jeune entre l'école et son domicile.

L'enseignant : offrir un cadre structurant

Un élève intellectuellement précoce est très sensible à la façon dont on le perçoit. Il est important que l'enseignant reconnaisse sa précocité, le rassure avec des mots simples et valorise ses bons résultats. Lorsque cela ne dérange pas la classe, il peut minimiser ses écarts de comportement : le laisser faire deux choses à la fois, lui laisser la liberté de la forme du travail rendu... Face à ses difficultés de compréhension des consignes, il est important de lui préciser clairement ce qu'on attend de lui.

Quels aménagements pédagogiques ?

Privilégier l'oral quand cela est possible permet de soulager l'écrit. Afin d'éviter l'ennui, il est préférable de limiter les exercices répétitifs et de capter l'attention de l'élève précoce, notamment à l'aide d'exercices personnalisés ou d'exposés sur des thèmes divers (littérature, sciences, arts, musique...).

D'autres solutions peuvent également être proposées : le faire participer à des ateliers intercycles, à des séances d'apprentissage dans un autre niveau, le responsabiliser en l'incitant à devenir délégué de classe, responsable de la bibliothèque... Ces aménagements peuvent être mis en place parallèlement à une rééducation spécifique (psychothérapie, rééducation orthophonique, remédiation cognitive...). Pour l'aider à acquérir des méthodes de travail, une solution consiste à établir un planning personnalisé ou encore à échanger sur les différentes méthodes utilisées par les élèves de la classe.

Adapter le cursus

Différentes alternatives sont possibles en fonction des acquisitions et de la situation psychologique de l'élève : réduire la durée du cycle en lui faisant sauter une classe, l'inscrire dans une classe à double niveau ou lui permettre de changer de niveau progressivement en commençant par les matières où il est performant. Au moment des changements de cycles (GS-grande section/CP, CM2/6e, 3e/lycée) une liaison entre les équipes enseignantes des deux cycles peut faciliter le passage.

Des dispositifs spécifiques

Des dispositifs dédiés se développent dans les académies. A Paris une cellule académique a été mise en place afin d’accompagner les équipes éducatives dans les différentes situations rencontrées. Elle est composée de personnels de direction, d’inspecteurs de l’Éducation nationale, de conseillers pédagogiques, du médecin conseiller technique et de la référente académique EIP. Une commission académique EIP, mise en place récemment, étudie et analyse les demandes des établissements scolaires et des familles et apporte des réponses individualisées. Les élèves peuvent par exemple être orientés dans un dispositif d'intégration pour élèves précoces (DIEP). Deux collèges proposent un dispositif de ce type, le collège Georges Brassens (Paris 19e) et le collège Janson-de-Sailly (Paris 16e). Ils accueillent des élèves à haut potentiel associés à des troubles spécifiques. Les élèves ont entre deux ans et demi d'avance et un an de retard.

Afin d'éviter les phénomènes d'isolement ou de rejet par les autres élèves, ils sont intégrés dans des classes ordinaires et répartis à raison d'un ou deux par classe allant de la 6e à la 3e. En dehors des cours, ils participent à des ateliers dans des disciplines variées pour tenir compte de leur spécificité. Une salle leur est réservée dans le collège, ce qui leur permet de trouver un lieu de détente, de socialisation et un espace de parole. Le dispositif fonctionne grâce à un professeur coordonnateur.

Pour les collégiens, un PPRE ( programme personnalisé de réussite éducative) peut être établi afin de repérer les difficultés et les potentialités de l'élève et de préciser les objectifs et les aménagements pédagogiques à mettre en place.

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